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 Avoir une tête, ça peut être utile. Avoir des mains aussi [Abriel]

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Eliška Urbanová
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MessageSujet: Avoir une tête, ça peut être utile. Avoir des mains aussi [Abriel]   Dim 8 Juil - 12:25

C'était une journée au charme diffus de printemps. Il faisait beau, il faisait chaud, l'air doux était plein de l'odeur des fleurs du jardin. Tout le monde était envahi par cette douceur de vivre, et un peu partout, des grappes d'élèves profitaient du soleil matinal. Les jardiniers sifflotaient et s'envoyaient des plaisanteries d'un massif de rhododendrons à l'autre. Les glycines formaient des arcades végétales au dessus de l'allée gravillonnée et...
Bref, inutile de s'étendre plus que cela. L'air était doux, les gens heureux, et Elka passait au milieu de ce beau monde, le sourire aux lèvres, envahie elle aussi par la bonne humeur ambiante. Elle se véhiculait doucement vers sa salle de classe, sans trop savoir dans laquelle elle devait se rendre d'ailleurs.
Je vous épargne les détails de sa journée. Toujours est-il qu'a la fin de sa journée, traversant le jardin dans l'autre sens, le soleil lui tapait dru sur la tête, l'odeur des glycines était entêtante, les oiseaux volaient trop bas, les élèves avaient des rires insupportables, quand aux jardiniers, c'était à croire qu'ils n'étaient vraiment payés qu'à siffloter, Eliska était de mauvaise humeur et elle en voulait à tout le monde.

Quelques heures avant, en plein cours d'histoire des arts, elle était en train d'écouter de manière distraite le cour du petit prof un peu poussiéreux. Ps vraiment parce qu'il était ennuyant, mais plutôt que l'esprit de la jeune tchèque avait une faculté de concentration incroyablement courte. Eliska se lassait de tout avec une vitesse surprenante.
"Pour vous donner une idée plus concrète de la nouvelle vague, je vais vous montrer une scène d'un film emblématique" décréta le professeur.
Eliska, toute consacrée aux futilités qui peuplaient ses pensées, essayait de se remémorer par coeur le manifeste Dada, pendant que l'enseignant cherchait désespérément son dvd dans les armoires métalliques de la salle.
Perdue dans son délire personnel, elle sursauta lorsque le professeur s'écria : "Mais c'est un vol!"
Prenant l'air de celle qui a parfaitement suivit l'affaire, elle se joignit prestement aux protestations des autres élèves. "comment voulez vous qu'un vol se produise dans cette école?" "Oui, qui aurait besoin de voler ici?".
Entre les exclamations, Elka pris rapidement connaissance de l'affaire. Le dvd du film emblématique de la nouvelle vague avait disparu. C'était anodin aux yeux de la tchèque, et elle s'apprêtait à retourner à ses préoccupation -somme toute beaucoup plus importantes- quand un élève eu le bonne, ou mauvaise, selon les points de vues, idée de demander exactement le titre du dvd.
"Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard."
Eliska en fit tomber son stylo. "Mer..." Ce film, ça faisait environ une semaine qu'il trônait sur son bureau. elle l'avait "emprunté", en le prenant discrètement sur le bureau du prof lorsque celui-ci avait le dos tourné, certes, mais emprunté quand même. Dans le sens où elle avait l'intention de le rendre. Mais jusqu’à maintenant, elle avait toujours eu la flemme d'aller le reposer dans la salle.

Voilà pourquoi, ce soir là, elle était de mauvaise humeur. Elle ne se maudissait pas elle, de ne pas avoir rapporter le dvd, non.Se remettre en question n'avait jamais fait partie de ses habitudes. Pour y remédier, elle maudissait tout le reste du monde, tout ce qui pouvait se trouver sur son chemin et en dehors. Elle retourna toute sa chambre en faisant le plus de bruit possible, finit par mettre la main sur le film, traversa encore une fois les jardins en maugréant contre les jardiniers, les glycines, le vent et tout le reste. Devant la salle, elle tendit l'oreille un instant, puis, décidant qu'il n'y avait personne à l'intérieur, l'ouvrit d'un grand coup de pied.
JKLONG!! fît joyeusement la porte en rencontrant la paroi d'une armoire métallique. Elka regretta son geste qui risquait -sans blagues- d'attirer un peu trop l'attention sur elle. Son objectif était, ne l'oublions pas, -puisqu'elle semblait l'avoir oublié-, de replacer discrètement ce dvd dans l'armoire, pour qu'elle puisse ensuite tout mettre sur le dos du prof distrait. Plan machiavélique s'il en est.Bien sûr, l'enjeu était aussi que personne ne la soupçonne, pas même ses camarades, qui avaient déjà tendance à la regarder de travers à cause de son style vestimentaire.
Avec toute la discrétion dont elle était capable -ce qui n'était pas glorieux et surtout plus très utile- elle rejoint l'armoire et ouvrit doucement la porte. Porte qui était fermée à clé, et qui refusa catégoriquement de s'ouvrir.
"Ha ! NON!" s'écria Elka, qui avait déjà oublié son idée de discrétion.
C'était vraiment la meilleure. Où était-elle supposée dénicher quelqu'un qui sait crocheter les serrures dans un établissement comme celui là? Au centre de redressement au moins, elle avait toujours quelqu'un à embaucher pour les sales besognes.
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Abriel B. Vaughan
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MessageSujet: Re: Avoir une tête, ça peut être utile. Avoir des mains aussi [Abriel]   Lun 9 Juil - 7:39

Mardi. Journée bénie où Abriel n’avait qu’un seul cours à l’horaire, et pas le plus pénible qui plus est. En fait, si quelque chose pouvait l’intéresser, ce cours en serait sans doute capable. Mais l’adolescent donnait l’impression à tout le monde qu’il ne s’intéressait à rien, impression plutôt avérée. Son absentéisme, ses retards fréquents, sa négligence presque caricaturale en ce qui avait trait aux dates de remise des travaux… tout cela contribuait, au fil des quelques mois qu’il avait passé ici, à lui apposer l’étiquette « marginal » au front. Et ça lui allait parfaitement. Parce qu’il ne collait pas à l’établissement ni à sa clientèle, on lui fichait la paix. On ne l’approchait pratiquement jamais, et les seules personnes à lui adresser la parole étaient les filles avec qui il partageait une résidence, ses professeurs, et Délia.

Machinalement, il porta la main à son arcade sourcilière. Il ne conservait presque plus de trace de l’incident de la semaine dernière. Et c’était grâce à elle. Il aurait pu, actuellement, être encore en train de pourrir dans cette ruelle. En fait, avec la racaille qui traînait dans ces endroits, il serait probablement mort. Ou alors il aurait chopé une quelconque infection et serait en train d’en crever. Et sa mère serait probablement morte. Il lui était plus reconnaissant qu’il ne voulait l’Admettre. Surtout que, grâce à son intervention, il avait pu obtenir les fonds pour effacer cette maudite dette de coke. Pendant le cours, il avait longuement regardé l’adolescente envers qui il se sentait redevable. Savait-elle-même que c’était sa mère, Victoria Gomez, qui lui avait donné l’argent dont il avait cruellement besoin ? Et savait-elle ce qu’il avait à faire en échange ? Il avait d’abord pensé emprunter au père de Délia, Frédéric. Il avait laissé un message dans l’un de ses tiroirs, lui disant qu’il avait besoin de son aide. Quelques jours plus tard – trop tard -, rentrant d’un congrès, il était venu chez lui en urgence, empressé de donner un coup de main. Mais Abriel avait refusé son aide en lui expliquant que sa femme avait tout réglé. Frédéric avait blêmi.

« Joli brin de femme que tu as, d’ailleurs. Pourquoi tu la trompes, déjà ? » avait demandé Abriel, moqueur.

L’homme s’était renfrogné. « Tant mieux. Tant mieux si c’est réglé. » avait-il marmonné. Et ils s’étaient quittés deux heures plus tard.

Il avait fait beau tout la journée, et maintenant que c’était le soir, ça continuait. Abriel n’aimait pas le beau temps, pas ici. En général, le soir, il profitait du vide des jardins pour aller s’étendre sous un arbre et fumer un joint. Mais quand il faisait aussi beau qu’aujourd’hui, pas moyen : le terrain de l’école était plein à craquer jusqu’à l’heure du couvre-feu. Il sortirait de l’enceinte. Changer d’air. Il irait probablement dans ce pub paumé qu’il avait découvert quelques semaines après son arrivée, et où il ne se sentait pas trop comme un intrus. Il passait par le bâtiment où se trouvaient les salles de cours. Les élèves le délaissaient le plus souvent possible, et il y aurait moins de monde de ce côté pour le voir franchir la grille. Il marchait dans l’un des couloirs quand un grand bruit le fit sursauter – c’est-à-dire hausser un sourcil. Ça venait d’une salle de classe dont la porte était ouverte, un peu plus loin. Curieux de voir de quoi il s’agissait, il s’approcha. Dans l’une de ses anciennes écoles, ça aurait pu être un élève – ou lui – en train de voler le labo de science pour concocter un cocktail explosif, et il n’aurait pas été surpris. Ici … il en doutait fortement.

Sans faire de bruit, il entra dans le local. Il voyait mal. Sans aucune inquiétude, il mit la main sur l’interrupteur. Loupé. C’était même pas un labo de sciences. D’Après les affiches au mur, il dirait cinéma ou peut-être littérature … Enfin. Un truc du genre. Il se tourna, et vit l’intruse qui le regardait aussi. Il haussa les épaules devant ce qu’il devinait de louche dans le regard de la jeune inconnue.

« C’est pas la discrétion qui t’étouffe, toi. »
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Eliška Urbanová
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MessageSujet: Re: Avoir une tête, ça peut être utile. Avoir des mains aussi [Abriel]   Mar 10 Juil - 5:37

Elka se retourna d’un bloc lorsque la lumière jaillit, l’éclairant de plein fouet, comme un voleur –vous avez dit « comme » ?- pris au piège par un projecteur de la police.
« Mais je t’emm… »

En pleine rotation sur elle-même, elle se fît la réflexion –toujours utile- qu’il valait peut-être mieux savoir qui lui adressait la parole avant de répondre sur ce ton. Après tout ça pouvait aussi bien être un prof. Merde ! Un prof ? Y’en a-t-il d’assez sadique pour vous aborder sur le ton de la plaisanterie –ou presque- lorsqu’il vous prend en flagrant délit ? Flagrant délit de quoi ? Elle était dans la salle, et alors ? En soi, ce n’était pas vraiment un délit, surtout si on omettait le détail du dvd. Rêve ma vieille, et crève tant que tu y es. Quand même, elle avait eu beau s’arrêter au milieu de la phrase, ce n’était pas difficile à comprendre.

C’est fou le nombre de choses auxquelles on a le temps de penser en une demi-seconde, je vous l’accorde.

Légèrement déséquilibrée par son brusque demi-tour inopiné, la tchèque dû d’abord sautiller un peu sur sa droite, se rattraper à une table, et enfin se rétablir sur ses deux jambes avant de considérer l’intrus, qui ne l’était d’ailleurs pas moins qu’elle. Cela dit, subjectivement, elle ne se considérait pas comme intruse, et s’estimait dans son bon droit. Oui. Parce que vous comprenez, rendre un objet volé en douce, c’est une bonne action.
De toute façon, l’intrus en question n’avait rien d’un policier, bien qu’on ai surement pu le croiser facilement dans un commissariat. Chose qui importait bien peu à Elka. Avoir affaire à une personne louche à ce moment là l’arrangeait plus que de se retrouver face à un individu intègre. Oui. Parce qu’Eliska le voyait déjà comme un type louche. Question de simplifier la classification. D’ailleurs il lui semblait bien avoir déjà vu la personne en question. Elle prit une inspiration pour parler, et referma subitement la bouche. Ha oui. En cours. Ils avaient sans doute une ou deux matières en commun. Quand à savoir lesquelles… Elle avait une mémoire exécrable pour tout ce qui ne la concernait pas. Retenir le nom d’une personne et le visage qui s’y rapporte avait toujours été pour elle une épreuve. Souvent ratée par ailleurs. Quant à lui… le visage, elle le connaissait, d’accord. Il faut dire aussi qu’il faisait un peu tâche dans le pensionnat. Bien. C’était quoi son nom ? Un truc d’ange non ? Raphael ? Bref.

Voilà à peu près où en étaient les pensées de la jeune fille, qui observait l’autre avec un regard soutenu, nullement inquiète de paraitre malpolie. Nerveusement, elle tirait sur la grosse chemise canadienne d’homme taille XL qui lui servait de pull, qui lui arrivait à mi -cuisse, et dont les manches étaient retournées au moins quatre fois. Pas vraiment le look de l’enfant gâté. Si elle faisait ça, c’était surtout qu’elle avait précipitamment dissimulé l’objet du crime dessous. L’avait-il vu, ou pas ? C’était fort possible, car comme il l’avait lui-même dit, la discrétion n’avait jamais fait bon ménage avec Elka. Quoique cela arrivait, dans les situations extrêmes. Ses qualités avaient en fait l’étrange tendance à apparaitre en dernier recours.
« Tu sais quoi ? »lui dit-elle après une courte réflexion « Tu n’as rien vu, rien entendu. Ce que tu as vu ou entendu tu l’as oublié. »

Ce sur quoi elle se retourna de nouveau vers les armoires. Elle n’espérait pas franchement avoir assez d’autorité pour lui imposer cette réaction, mais de son souvenir, c’était plutôt un type qui semblait n’avoir cure de rien et… face aux portes métalliques, elle se souvint soudain de son problème. Pivotant de nouveau brusquement sur ses pieds, elle interpella… machin dirons-nous.
« Quoique ! Tu sais crocheter les serrures ? »

Ce n’est certes pas une question qu’elle aurait posé à beaucoup de monde dans le campus, mais le stéréotype était facile. Quoi ! Il lui restait même encore des traces de bagarres assez récentes. Si ce n’est le fait qu’il était particulièrement taciturne, il avait en commun avec ceux de son centre pour délinquants mineurs. Peu inquiète d’avoir pu le blesser par cette généralisation foireuse, Elka attendait sa réponse, en ayant oublié au passage que demander la complicité du premier venu n’était pas forcément un bon placement question discrétion. En même temps comprenez la! Elle ne pouvait pas tout avoir hérité de son père. Il fallait bien qu'elle eut un peu de la douce stupidité de sa mère.
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Abriel B. Vaughan
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MessageSujet: Re: Avoir une tête, ça peut être utile. Avoir des mains aussi [Abriel]   Ven 20 Juil - 9:22

« Tu n’as rien vu, rien entendu. Ce que tu as vu ou entendu tu l’as oublié. »

Abriel haussa les épaules. En effet, il aurait tout oublié dès qu’il serait sorti d’ici. Ce que cette fille faisait dans cette classe vide et avec cette armoire, il s’en fichait éperdument : qu’elle se fasse prendre ou pas, qu’elle réussisse ou non son méfait, ça ne le regardait pas, et c’était aussi bien loin de l’intéresser. Naturellement, il fit un mouvement pour se détourner vers la porte. Il était presque sorti que déjà la fille ajoutait quelque chose. Ennuyé, il s’arrêta dans son mouvement et ramena son regard sur elle.

« Tu sais crocheter les serrures ? »

Évidemment qu’il savait. Il l’avait fait un nombre incalculable de fois, bien qu’il préférait la méthode forte à la méthode douce : le bruit d’un cadenas qu’on explose avec une barre à clou avait un je ne sais quoi de réjouissant. Mais quelque chose lui disait que la jeune fille n’avait pas envie de faire de bruit. Sinon pourquoi aurait-elle eu cette mine embarrassée lorsqu’il était entré ? Il resta sur place un moment. Avait-il envie de se retrouver dans les emmerdes de quelqu’un d’autre ? Il avait bien assez des siennes actuellement : il connaissait une première période de tranquillité depuis très longtemps. Est-ce qu’il allait risquer de tout faire planter pour un cadenas ? Il détailla la fille. Qui c’était, celle-là ? S’il voulait se rappeler son nom, il n’y arriverait pas. Aussi n’avança-t-il pas plus sa recherche muette. Aucun intérêt, de toute façon.

« Ça dépend … »

Machinalement, sa main s’enfonça dans sa poche. Il y gardait un paquet de trucs que, normalement, il n’aurait pas dû avoir sur lui dans cet endroit – ni nulle part ailleurs selon la loi, mais qui suivait vraiment la loi ? – mais pas ce qui aurait pu lui être utile pour ouvrir cette porte : à savoir un objet très fin, long et surtout solide. Un truc qui casserait dans la serrure ne lui servirait à rien d’autre qu’à laisser une trace de son passage. Ses yeux explorèrent l’espace autour de lui. Il se trouvait dans une salle de classe, il devait bien y avoir quelque chose qu’il pourrait utiliser. Tranquille comme toujours, il s’approcha du bureau du professeur, en observa la surface. Rien ne trainait. Il aurait sans doute plus de chance avec les tiroirs.

« Je gagne quoi en t’ouvrant cette armoire ? »

Avec Abriel, peu de choses étaient gratuites. Il faut dire que quand on vit comme lui, sur la paille avec à peine ce qu’il faut pour survivre et voir le lendemain, chaque petit service rendu méritait paiement. Certains diraient que c’Est une sale manie, un comportement d’amoureux du gain. Mais c’était uniquement un réflexe, une façon d’être qui lui avait plutôt bien réussi jusqu’ici. Rendre service mérite récompense. Et si on risque des emmerdes, c’est une plus grosse récompense.

Il ouvrit le premier tiroir, ficha un peu le bordel dans l’amas de crayons et papiers qui s’y trouvait. Des trombones ? Ouais, peut-être. Il sortit la boîte et la mit à plat sur le bureau. Mais ce n’était pas l’idéal. Il ouvrit le second tiroir, ne trouva pas non plus ce qu’il cherchait. Et dans le troisième, il ne rencontra qu’une tonne de paperasse. Les trombones devraient suffire. Il en prit deux, les déplia lentement, en regardant la fille qui avait sollicité son aide.

« Alors ? À quel point tu as besoin que je l’ouvre ? »

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Eliška Urbanová
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MessageSujet: Re: Avoir une tête, ça peut être utile. Avoir des mains aussi [Abriel]   Mer 1 Aoû - 11:17

Il y a de ces moments insignifiants, où on arrive à se créer du suspense. Le temps passait au ralentit.st-ce qu'il allait finir par lui crocheter cette serrure oui ou

"Ça dépend ..."

Comment ça , ça dépend? ça dépends de quoi de qui? Et d'abord qu'est ce qui dépend?
Elle, assurément. Eliska dépendait de la réponse du jeune homme, et autant dire que celle qu'il lui donnait ne lui convenait guère. Pour elle, qui était une reine dans le domaine de la réponse évasive, c'était énervant de voir quelqu'un pratiquer son art. Pas pour le fait d'être copiée, mais son attitude, chez les autres, la faisaient toujours s'indigner.Elle plissa légèrement le nez, et croisa ses bras sous sa poitrine, non pas pour se donner un air sérieux, mais parce que le dvd glissait quelque peu. Toutefois, elle en profita pour demander d'un ton plutôt professionnel:

"Et ça dépends de quoi?"

Cependant, il examinait la pièce et le bureau, ce qui donnait bon espoir à Elka de voir son souhait exaucé. Elle trépignait, alors qu'il détaillait le bureau avec lenteur. Trop lent.

"Je gagne quoi en t’ouvrant cette armoire ?"

Elka en eu presque un hoquet de surprise. De mauvaise surprise. Elle avait espéré qu'il oublierai de lui réclamer quelque chose en échange, ou -plus réaliste- qu'il le lui demanderai après avoir accompli sa besogne, situation dans laquelle elle aurait eu de meilleurs avantages. Non, ça ne la choquait pas qu'il réclame une rémunération. C'était la règle du jeu, et elle en aurait fait autant à sa place. Or elle n'était pas à sa place, mais à celle du client, du débiteur. Elle s'en alla dans un coin de sa tête se morfondre sur les habitudes humaines, qui faisaient fi de la confiance. Cette époque de désillusion et de perte de foi. Quel époque ce devait-être que l'époque de l'humaniste, où on croyait que l'humain était naturellement porté vers le bien, et qu'il ne pouvait réaliser que progrès, encore et encore.
Elle se mordilla machinalement la lèvre, et laissa trôner le silence pendant un certain temps avant de lui répondre, comme une sorte de vengeance, par un laconique:

"ça dépend..."

Si ça faisait partie de la règle du jeu de se voir demander une rémunération, Elka n'avait pas l'intention d'être bonne joueuse, et encore moins d'être bonne perdante . Elle était légèrement irritée de la tournure des évènement, et trouvait un vague plaisir à lui renvoyer son insatisfaisante réponse. D'autant plus que le temps qu'elle lui réponde, il avait entamé l'exploration des tiroirs du bureau. "Il" entreprenait de déplier lesdits trombones, pour en faire des tiges fines. Tout cela semblait plutôt sérieux à Eliska, qui le regardait faire comme une ménagère qui surveille sa femme de ménage afin de vérifier que celle-ci ne laisse pas un grain de poussière.
De son souvenir, c'était à peu près comme cela qu'avait toujours opéré ces "employés" au centre de redressement. On lui avait souvent proposé de lui apprendre. Elle avait toujours refusé, sachant très bien qu'a chaque fois qu'un incident survenait, ceux qu'on suspectait d'emblée étaient toujours les mêmes, c'est à dire pas elle. Elle tenait à sa petite situation, qui faisaient croire aux agents de sécurité qu'elle s'était échoué dans le centre par une sorte d'erreur, ou peut-être tout simplement parce qu'elle souffrait d'une douce folie. Ils lui faisaient presque des sourires plein de compassion à l'époque. Elle s'arrangeait toujours pour se trouver des petites mains en cas de besoin. Elle avait réussit à s'immiscer en bonne position dans certains trafiques, et elle en jouait joyeusement. La sensation de manque, c'est dur pour un accro. Elle avait été à l'époque un vrai dealeur. De ceux qui vendent et ne consomment pas, de ceux qui bousillent la santé des autres et remplissent leur porte monnaie.

« Alors ? À quel point tu as besoin que je l’ouvre ? »

Elle sortit de sa rêverie comme une gamine arrête de penser à la glace au chocolat qu'elle a mangé la veille, et se tourna vers l'armoire. le but était de réussir à y glisser un dvd. Mais il fallait en fait réussir à le ranger normalement parms ses camarades. Si il avait été placé devant les autres, il aurait semblé suspect que personne ne l'ai remarqué.

" Comme une porte normale, en faisant en sorte que je puisse la refermer normalement." déclara-t-elle sans détourner le regard de l'armoire, un peu comme le fond les méchants des films, qui, lorsqu'ils ont un projet, parlent sans regarder leur interlocuteur. C'était d'un cliché désolant, et le pire était sans doute qu'elle même ne s'en rendait pas compte. Elle était en train de mûrir son plan diabolique : "comment-replacer-discrètement-ce-film-dans-l-armoire-et-détourner-ainsi-les-soupçons?". Chose qui aurait dû être réfléchie depuis longtemps.
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Abriel B. Vaughan
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MessageSujet: Re: Avoir une tête, ça peut être utile. Avoir des mains aussi [Abriel]   Ven 10 Aoû - 10:09

[HS : Excuse-moi. J'ai réduit la longueur de moitié parce que je manque un peu de temps actuellement. Et aussi d'inspiration en général.]

Non seulement cette fille n’a répondu à aucune de ses questions, mais en plus elle a mal compris la dernière. Il soupira, appuie la main qui contient l’objet de la délivrance sur le bureau, bien à plat. Il bouge un peu la tête, ennuyé. Abriel aime quand les choses sont simples, qu’on n’a pas à s’expliquer. Mais la plupart du temps, ça ne fonctionne pas comme ça : l’être humain interprète bien ce qu’il entend à sa convenance.

« C’est pas ce que je veux savoir, petite maline. Une fois que la serrure crocheté, la porte pourra s’ouvrir tout à ton aise. » Espèce d’idiote, se retint-il d’ajouter à voix haute.


Il croisa les bras, le trombone toujours dans la main, l’air de moins en moins enclin à s’en servir.

« Non. Moi ce que je veux savoir, c’est à quel point toi tu as besoin que je l’ouvre. Qu’est-ce que tu risques ? Et bien sûr encore : qu’est-ce que j’y gagne ? »

Parce qu’il n’était pas question qu’il renonce à ses intérêts. Abriel ne faisait rien gratuitement, sauf s’il faisait quelque chose sans qu’on le lui demande. Mais la demande amenait l’idée de service, et donc de paiement. Et il n’en dérogerait pas.

« On règle ce petit détail de rien du tout et dans les secondes qui suivent, tout est en place, et nous on est repartis, ni vu ni connu. »

Il s’adossa au tableau, les bras toujours croisés, le regard froid et inexpressif qui lui était habituel sur le visage, et l’expression d’une pierre. On ne jouait pas au plus malin avec Abriel quand il était question de marchander quelque chose. En plus, l’avantage à Black Velvet, c’était qu’il savait pertinemment que tous les étudiants avaient amplement de ressources pour le satisfaire, ce qui rendait la chose beaucoup plus facile. Avec quelqu’un issu de son propre milieu, il serait moins exigeant.
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MessageSujet: Re: Avoir une tête, ça peut être utile. Avoir des mains aussi [Abriel]   Mer 22 Aoû - 12:45

Étrangement, ou c'est du moins ce qu'en pensa Elka, il eut l'air désespéré par sa réponse. Ou peut être très irrité. Elle le regardait avec des points d'interrogation dans les yeux.

« C’est pas ce que je veux savoir, petite maline. Une fois que la serrure crocheté, la porte pourra s’ouvrir tout à ton aise. »

"Le contraire me ferai mal." nota calmement Eliska, qui ne demandait rien d'autre que de savoir pourquoi il était si exaspéré. Elle aimait moyennement l'attitude que prenait son interlocuteur. Il n'avait pas l'air très patient, ni enclin aux négociations.

« Non. Moi ce que je veux savoir, c’est à quel point toi tu as besoin que je l’ouvre. Qu’est-ce que tu risques ? »

"Ben..." entama Eliska, qui n'avait toujours pas compris, avant d’enchaîner sur un "haaaaaaaaaaa, d'accord..." de la personne qui voit soudain la lumière. Sans aucun doute particulièrement exaspérant pour le pauvre garçon qui lui faisait place, et qu'on pouvait sérieusement commencer à plaindre.
Qu'est ce qu'elle risquait, elle? Pas grand chose en fait. Tout le personnel se méfierait d'elle, sûrement, et c'était la conséquence la plus embêtante qu'il pouvait y avoir. Quelques heures de colle peut être, mais ce n'était pas le genre d'établissement dans lequel on criait haut et fort que des vols (vous exagérez cher ami!) étaient commis. ici, tout le monde devait être beau bon et honnête, ou au moins faire semblant. Et puis maman Eliska payait cher pour que le nom de sa fille (quelle fille?) ne fasse pas trop de vagues. Dans le fond, elle aurait aussi bien pu laisser cet objet ici, et personne n'en aurait jamais rien su. pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt? Il fallait belle et bien qu'elle fût bête, quelque part au fond d'elle même.
Bref, soudain son seul problème était la personne qui devait être son sauveur. Le témoin quoi. D'autant plus qu'il demandait, quoi déja ?

"qu’est-ce que j’y gagne ?"

"Non mais tu me crois riche ?!" s'exclama Elka, ce qui n'était ni faux,ni juste. elle était en effet beaucoup moins riche que la plupart des élèves qui tiraient leur fortune de papa-maman, mais il fallait avouer qu'elle avait réussit à se refaire elle-même un compte en banque assez décent.
" De toute façon, ne t'inquiète pas, personne ne se retrouvera à l'échafaud, et moi je n'ai rien à te donner." Elle fit une petite pause, avant de reprendre en tchèque, s'adressant à elle même. "Elle est raide celle là quand même! Il ne pouvait pas fourrer son nez ailleurs non ?"
Elle grommella encore un peu dans sa langue, puis se dit que non, il n'était pas question qu'elle donne quelque chose, alors qu'elle pouvait faire autrement.
Elle sortit brusquement le dvd de sous sa cachette, et le fourra dans les mains du jeune homme.

"Tiens! Remet-le en place correctement si ça te chante, moi je m'en lave les mains. Tant qu'on le retrouve !"

Ce sur quoi elle prit le chemin de la sortie, le plantant là sans plus se poser de question.
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Abriel B. Vaughan
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MessageSujet: Re: Avoir une tête, ça peut être utile. Avoir des mains aussi [Abriel]   Mar 25 Sep - 9:26

(c'Est pas excellent, je voulais juste conclure)

Abriel se retrouva rapidement avec une fille en colère devant lui. C’était à présager. Quand les gens n’acceptaient pas tout de suite ses conditions, il se doutait que ça se terminerait avec tout le monde les mains vides. Sauf que lui se retrouva avec le dvd dans les mains alors que la fille sortait de la classe en l’envoyant balader. Tant qu’on le retrouve, hein ? Il verrait s’il avait le temps.

Pour l’instant, il posa le dvd sur le bureau et entreprit d’ouvrir l’armoire, comme c’était prévu. Mais au lieu de déposer dedans l’objet du délit, il fouilla un moment les autres boîtes qui s’y trouvaient. Plusieurs grands classiques, rien de particulièrement intéressant pour lui. Des films sur l’art … et puis quoi encore ? L’art c’est sensé parler tout seul : si on éprouve le besoin de faire un film qui l’explique, c’est que l’art qui y est traité est raté. Il remet la plupart des disques en place, mais referme la porte en en gardant un de plus dans ses mains. Il referme l’armoire délicatement, range ses outils de cambrioleur dans le tiroir du prof et prend les deux dvd – maintenant officiellement volés – dans ses mains. C’est à son tour de se diriger vers la porte.

Il ne sait pas quand dans le programme ce second disque doit être présenté, mais viendra bien un moment où le professeur voudra le prendre et ne le trouvera plus. Et si ça se produisait dans la classe de cette petite pimbèche arrogante, c’était tant mieux.

En sortant, il balança les deux disques au fond d’une poubelle de la cafétéria. Dès le lendemain, ils seraient recouverts par une tonne de déchets de table.
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Avoir une tête, ça peut être utile. Avoir des mains aussi [Abriel]

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