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 Un invité peu recommandable chez les Gomez[PV Abriel]

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Délia Gomez
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MessageSujet: Un invité peu recommandable chez les Gomez[PV Abriel]   Jeu 16 Aoû - 0:18

La joue de Délia l’élançait. Ce qui était, somme toute, plutôt normal compte tenu de la situation. Car, en réalité, la jeune fille enfreignait toutes les règles de la demeure Gomez. À savoir : ne jamais ramener de garçon à la maison et ne jamais, au grand jamais, en laisser dans sa propre chambre. Et puis, Délia n’était pas particulièrement dégourdie lorsqu’il s’agissait de la gente masculine. Grâce aux bons soins de sa madre, l’adolescente n’avait jamais vraiment développé de relation amicale ou intime avec le sexe opposé, puisque celui-ci est voué depuis des temps immémoriaux à la déchéance la plus sordide.

Mais Délia n’écoutait personne, seulement sa mère de temps en temps. Et encore, d’une oreille bien distraite. En fait, elle agissait selon l’impulsion du moment. Toujours, ce qui l’enfonçait dans les pétrins les plus rocambolesques. Lorsqu’elle avait vu Abriel se faire tabasser, Délia avait ressenti un profond malaise qui ne dissipait pas. Elle avait assisté à une scène violente, absurde, voire grotesque, qui ne la concernait pas et ne lui appartenait pas. Pis, regarder le corps malmené du nouveau, et s’en souvenir clairement, dans les moindres détails, l’embarrassait. Que lui était-il arrivé, à cette loque ? Dans quelle emmerde s’était-elle fourrée ? Et si sa mère débarquait, à l’improviste, là maintenant, et découvrait dans le lit de sa fille cet épouvantail ensanglanté et à moitié-nu ? Comment réagirait-elle ?

Délia Gomez mâchouilla l’intérieur de sa joue avec une fougue anxieuse, les yeux rivés sur le stationnement vide, les ongles s’enfonçant dans la paume de ses mains. Victoria Gomez ne l’effrayait pas, l’intimidait plutôt. Avec son regard froid, ses répliques cinglantes, sa posture autoritaire, sa voix impérieuse, son regard impénétrable. Et, il ne faut pas se le cacher. Cette femme était un brin parano. Si vraiment elle découvrait Abriel à poil dans le lit de sa fille, même s’il était en sang, aussi bleu qu’un schtroumpf à cause de ses nombreuses ecchymoses, alors elle sauterait aux pires conclusions.

Frissonnant, Délia se détourna de la fenêtre du salon et fila vers la cuisine, où elle s’empiffra de croustilles huileuses et salées. Question de soulager son angoisse palpitante. Puis, jetant un coup d’œil dans le frigo, elle décida de cuisiner une petite soupe chaude et réconfortante. Elle ignorait si Abriel avait des allergies ou des préférences alimentaires, mais une soupe à l’oignon, gratinée de surcroît, personne ne pouvait détester ça. C’était peut-être l’un des seuls mets que Délia réussissait, car sa mère l’avait supervisée des milliers de fois.

Sur un plateau, la jeune fille disposa la soupe, un verre d’eau, des médicaments, quelques biscuits secs, des ustensiles et un cupcake au chocolat noir et framboise, cuisiné par sa mère. Comme son patient ne semblait pas enjoué de se retrouver ici, en sa compagnie, autant rendre le moment le plus agréable possible, après tout. C’est ainsi armée que Délia remonta à l’étage, ralentissant le pas plus elle s’approchait de sa chambre. Elle hésita quelques instants avant d’entrer, se demandant si elle devait cogner pour l’avertir de son arrivée.

« Oh, et puis tant pis, c’est ma chambre quand même. Je peux entrer si ça me chante. »

Abriel n’eut guère la décence d’ouvrir une paupière. Peut-être dormait-il. Délia, haussa les épaules et, mal à l’aise, demeura indécise avant de poser le plateau sur la table de chevet. Elle se tendit ensuite vers le blessé, écoutant attentivement sa lente et pénible respiration. Son front était chaud, mais non brûlant, ce qui était plutôt bon signe.

-Je t’ai amené à manger, si jamais tu avais faim. C’est encore tout chaud.

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Abriel B. Vaughan
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MessageSujet: Re: Un invité peu recommandable chez les Gomez[PV Abriel]   Lun 20 Aoû - 10:14

L’adolescent n’avait pas vraiment dormi, et ce pour plusieurs raisons. D’abord, il n’était pas en terrain connu, dans une chambre autre que la sienne, dans une maison autre que la sienne et dans un quartier qui n’avait même strictement rien à voir avec le sien, de près ou de loin. S’il avait dormi, ne serait-ce que quelques minutes, il se serait éveillé dans la confusion la plus totale. Il y avait aussi la douleur, qui l’aurait empêché de bien se reposer. Les bruits en provenance de la cuisine n’étaient pas pour aider également. Mais ce qui le torturait le plus, alors qu’il était étendu sur le dos, les yeux clos, c’était l’inquiétude. Et s’il n’arrivait pas à rassembler l’argent ? À lui on ne ferait rien. C’était la dette de sa mère, pas la sienne, et s’il traitait avec les dealers parce qu’elle refusait de sortir, ces derniers n’étaient pas dupes : ils savaient très bien que leur client, c’était elle, et non lui.

S’il trouvait miraculeusement cet argent, si son idée fonctionnait … il faudrait aussi qu’il pense à le planquer. Sa mère était tellement persuadée qu’il la volait qu’elle passait son temps à fouiller sa chambre et tous les endroits imaginables de la maison. Si elle trouvait l’argent, elle le prendrait et le dépenserait à nouveau dans quelque transaction louche. Il devrait tenir l’argent à l’écart jusqu’à mercredi. Il soupira. C’était espérer de nombreux miracles. Il sentit une main fraîche sur son front, et regretta presque qu’elle s’écarte aussitôt. Il se sentait chaud, et avait besoin d’un peu de fraîcheur.

« Je t’ai amené à manger, si jamais tu avais faim. C’est encore tout chaud. »

Il ouvrit les yeux. Il était affamé. Et il fallait l’admettre, ça sentait terriblement bon depuis que Délia avait ouvert la porte de la chambre et s’était approchée du lit, plateau dans les mains. Pourtant il n’avait pas imaginé Délia Gomez comme une as de la cuisinière. Avec sa gaucherie et son agitation, il l’aurait plutôt imaginée y mettre le feu. Et s’il avait su qu’elle était en train de cuisiner, il se serait sans doute précipité dehors pour éviter de mourir dans cette maison étrangère. Bon … restait à voir si le goût faisait honneur à l’odeur.

Il fit un mouvement pour se redresser, mais il dut ne pas paraître très convaincant car aussitôt, Délia s’était approchée pour l’aider à se dresser, d’abord sur les coudes, puis en position assise, un banc d’oreiller derrière lui pour son confort.

« Ça sent bon. Qu’est-ce que c’est ? »

Non. Abriel n’avait jamais mangé de soupe à l’oignon, n’avait jamais fait gratiné, non plus, la moindre chose. En fait, même les oignons étaient rares chez sa mère. Sandwichs, barres, soupes en boîtes … c’était plutôt ça, son registre de menu habituel.
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Délia Gomez
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MessageSujet: Re: Un invité peu recommandable chez les Gomez[PV Abriel]   Lun 17 Sep - 21:38

-Ça sent bon. Qu’est-ce que c’est ?

Délia haussa les épaules. Désignant le plateau de victuailles d’une main, elle marmonna d’une voix basse qu’il s’agissait d’une soupe à l’oignon. Lorsqu’elle-même sentait son moral plutôt bas, ce repas réussissait a apaisé ses tourments ou bien la réconfortait d’une façon quelconque. C’était peut-être en souvenir de sa mère que le lui cuisinait lorsque Délia était enfant. Celle-ci, tout à coup silencieuse et immobile, jeta un coup d’œil aux blessures de son patient, et grimaça devant la gravité de la chose. C’est qu’Abriel n’était pas très beau avant sa chirurgie, et maintenant il faisait peur à voir. Tout rouge et bleu, avec un peu de violet ici et là. Délia frissonna, puis posa son postérieur sur le lit, tout près de l’étudiant.

-Ma mère cuisine mille fois mieux que moi, mais au moins le goût est acceptable et ça te remplira un peu. Avec un peu de chance, tu emmagasineras un peu de graisse, mais j’en doute, poursuivit-elle en souriant puis, arborant tout à coup un air plus sérieux, comment te sens-tu ? Bah, tu ne dois pas aller mieux, hein ? T’as pas l’air assez en forme pour partir, tu ne penses pas à partir tout de suite, quand même, hein? Pas que je tienne à te garder ici, fais-toi pas d’idée bizarre dans la tête. Mais parce qu’avec la tête que tu as, tes parents subiraient probablement une crise cardiaque. Pas que je dis que tu es laid, hein, bon si, peut-être un peu, mais je… non, je ne voulais pas dire ça. Ça sort toujours tout croche…

Découragée, Délia ferma les yeux, se pinça l’arête du nez et inspira profondément. Ce qu’elle était maladroite et bruyante. Dès que la situation l’embarrassait, tout le vocabulaire maintenu dans sa petite caboche se bousculait sur ses lèvres. Un regard en direction d’Abriel n’améliora pas le sentiment de malaise qu’elle éprouvait. Il se contentait de l’observer longuement, sans proférer un seul mot, ou ne paraissait pas le moindrement affecté par les propos de Délia. En un sens, elle le lui était reconnaissante. Mais de l’autre, elle aimerait qu’il réagisse comme un être humain normal. Qu’il s’emporte, qu’il s’amuse, qu’il rigole. Qu’il joue à l’adolescent débile plutôt qu’au jeune homme blasé et secret. Avec lui, elle avait l’impression de se prendre les pieds dans le tapis en permanence. C’était son silence qui l’agaçait, ou du moins ce regard profond et froid qui la fascinait. Un regard amer et éteint.

-T’es quoi, au juste, Abriel ? demanda-t-elle à brûle-pourpoint, incapable de retenir sa curiosité, se penchant vers lui d’un peu trop près. T’as certainement pas la tête d’un étudiant de Black Velvet, mais tu y es inscrit. T’es bizarre, tes fringues sont bizarres, ta façon de bouger pis de parler, ça aussi c’est bizarre, tu fréquentes des drôles de gens, tu te fais ramasser dans les ruelles… C’était qui exactement ces types, qu’est-ce qu’ils te voulaient?

Elle aurait pu continuer ainsi encore longtemps, mais elle réussit à se taire, reprenant son souffle, dévisageant toujours le jeune homme assis sur son lit, le torse toujours nu mais enveloppé de bandes blanches. Ses cheveux noirs et sales lui collaient au crâne. L’attention de Délia se porta sur ses propres draps, sales et poisseux. Comment allait-elle effacer les traces de la venue de cette personne dans sa chambre? Non seulement le sang imprégnait les couvertures, mais l’odeur était forte, palpable. Elle fronça le nez.

-Il faudrait que tu te laves, quand tu auras un peu plus de force. Et que je te trouve des vêtements, et de la chair… tu es maigre comme un pou. Ils te nourrissent, tes parents?

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Abriel B. Vaughan
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MessageSujet: Re: Un invité peu recommandable chez les Gomez[PV Abriel]   Jeu 4 Oct - 9:23

Pourquoi avait-elle besoin de parler autant, tout le temps ? Il ne comprenait ce que le silence pouvait avoir de si terrifiant pour certaines personnes : pour lui, le silence était quelque chose à rechercher, qui stimulait les idées, le confort, le bien-être. Enfin. S’il pouvait parler de bien-être. Il n’en était pas sûr.

« Bah, tu ne dois pas aller mieux, hein ? T’as pas l’air assez en forme pour partir, tu ne penses pas à partir tout de suite, quand même, hein? Pas que je tienne à te garder ici, fais-toi pas d’idée bizarre dans la tête. Mais parce qu’avec la tête que tu as, tes parents subiraient probablement une crise cardiaque. Pas que je dis que tu es laid, hein, bon si, peut-être un peu, mais je… non, je ne voulais pas dire ça. Ça sort toujours tout croche… »

Abriel ricana intérieurement, essayant de s’imaginer sa mère horrifiée par son état. Non, impossible. Elle pourrait lui dire en riant qu’il était d’une mocheté incroyable, elle pourrait lui dire qu’il l’a sûrement mérité, ou alors elle ne remarquerait rien, ce qui lui semblait le scénario le plus probable. Pendant qu’il s’imaginait ça, il remarqua que Délia avait l’air soucieux, mais ça ne dura pas trop longtemps, elle se remit à babiller, et à le bombarder de questions. Elle était en train de lui offrir sa maison comme s’il s’était agit d’une auberge. Mais ça n’était pas ça. Il devait s’en souvenir, et elle aussi. Si Victoria Gomez le trouvait ici … Il soupira.

« Délia … je vais pas rester ici. Je vais manger ta souper, je vais me laver et peut-être emprunter des vêtements, et après je dégage. »

Il avait cent raisons de ne pas rester ici. Il s’y sentait déplacé. Il ne voulait pas mêler l’adolescente à cette histoire. Il ne voulait pas qu’elle ait d’ennuis avec sa mère. Mais il choisit de lui donner les raisons pratiques, et une réponse partielle à ses questions.

« T’as vu les mecs dans la ruelle. C’est pas des enfants de cœur. Ma mère leur doit 1600 livres et t’as entendu ce qu’ils ont dit : j’ai jusqu’à mercredi pour trouver cet argent. Tu crois que je vais le trouver en restant assis ici sur mon cul à me lamenter parce que je me suis pris quelques coups ? Non. C’est pas quelques bleus qui vont... »

Il garda le silence un moment devant le regard désapprobateur qu’elle lui lança.

« T’as raison sur un point. J’ai rien d’un étudiant de Black Velvet. Je peux pas chier de l’argent quand j’en ai besoin. Et je l’aurai sûrement pas, l’argent qu’ils demandent. Mais il faut au moins que j’essaie, tu peux comprendre ça ? »

Il ne lui disait pas tout, évidemment. Sa mère ne lui avait sûrement pas même appris à imaginer ce qui se passait dans les quartiers les moins favorisés. Et même le concept de « faim dans le monde » devait lui être plutôt abstrait, à elle qui n’avait jamais manqué de rien. Elle n’avait pas besoin de savoir d’où venait la dette, ni ce qui risquait d’arriver à sa mère si la dette n’était pas remboursée. Elle n’appartenait pas à son monde et il fallait qu’il s’en souvienne. Il aurait dû le savoir mieux que personne.
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