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 Running around [libre]

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Victoria Gomez
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MessageSujet: Running around [libre]   Mer 9 Nov - 8:58

Le mercredi matin, systématiquement, Victoria n’avait ni cours à donner, ni réunion à laquelle assister. C’était son moment à elle, celui qu’elle prenait pour prendre soin d’elle, se dépenser et se vider un peu la tête des sept jours précédents. La plupart des élèves étaient en cours, et ceux qui n’avaient pas classe ne manquaient jamais de faire la matinée. La salle d’entraînement était alors pratiquement vide. Il lui était arrivé quelques fois de croiser d’autres individus à huit heures du matin, mais ils étaient rares. En général, elle était seule. Ce matin ne semblait pas vouloir faire exception. Parfois sa fille l’accompagnait, mais c’était tout aussi rare : Délia tenait à paresser le matin quand elle en avait l’occasion. Victoria n’insistait pas, sachant que sa fille n’avait pas besoin qu’on la pousse pour se dépenser, avec toute l’énergie qu’elle avait en elle.

En entrant dans les vestiaires, elle avait constaté l’habituel : aucun cadenas sur les casiers. Le sien était le premier. Elle se changea tranquillement, sans presse, sortit de son sac une bouteille d’eau, troqua les stiletto pour une paire d’espadrilles confortable et remonta ses cheveux sur sa tête de façon à ne pas les avoir dans le visage, ni dans le dos, baignant dans la sueur. Elle s’étira un peu, rangea ses affaires et entra dans le gym.

Les machines étaient nombreuses, mais tout ce qui l’intéressait, c’était de courir. Elle préférait nettement courir à l’extérieur, mais l’Angleterre avait cela d’embêtant que le temps était presque toujours humide, les sentiers mouillés et boueux … et puis il commençait à faire frais. Le temps chaud et sec de l’Espagne lui manquait pour cela, le jogging matinal presque à longueur d’année dans des rues colorées et vivantes malgré que le soleil était à peine levé. Mais elle n’avait pas à se plaindre. C’est elle qui avait décidé de venir s’installer ici, pour enseigner à Black Velvet. C’est sa famille qui aurait sans doute le droit de se plaindre. Sans doute l’Espagne manquait à son fils, et même à Délia, bien qu’elle ne se rappelle pas grand-chose de l’endroit où elle était née. L’Espagne devait aussi manquer à son mari, même s’il n’en était pas originaire : il y avait passé beaucoup de temps. Mais au diable ce qu’il pouvait bien penser … c’était lui qui avait décidé de la suivre avec les enfants. Elle, elle n’avait rien demandé à personne.

Elle monta sur le tapis roulant, régla la machine à un rythme qui irait en augmentant, puis s’abaisserait, pour une heure. Ensuite ce serait la douche, et retour à ses corrections jusqu’à l’heure du dîner. Cet examen qu’elle avait donné à ses élèves de quatrième l’ennuyait elle-même. Elle était passionnée de philosophie, certes, mais elle devait admettre que c’était la matière la plus difficile à corriger : on ne corrige pas des idées. On les soupèse, on les mesure, on les évalue, on les juge … mais leur accorder une note sur 100 est extrêmement astreignant. Elle s’était arrêtée la veille, pendant plus d’une heure, sur une seule copie et en était ressortie avec un terrible mal de tête, hésitant entre les pleurs et les rires. Les réponses absurdes de ses étudiants placées au hasard pour s’arracher la sympathie de la correctrice et quelques points de pitié … L’une de ces réponses était tellement bien tournée sur un plan rhétorique qu’il fallait vraiment porter attention pour réaliser qu’il s’agissait d’un gros amas de n’importe quoi, de morceaux de matière pris au hasard pour construire une étrange réponse.

Au loin, elle entendit la porte du vestiaire claquer. Elle n’y prêta que peu d’attention et regarda ce que lui indiquait la machine sans vraiment s’en soucier. Elle se fichait de la vitesse à laquelle elle allait, des calories qu’elle brûlait et des kilomètres parcourus. Elle partageait seulement avec sa fille cette folle énergie à dépenser, à exploiter.

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MessageSujet: Re: Running around [libre]   Dim 13 Nov - 13:39

C’était la veille qu’elle était arrivée ici. La séparation avec son amie avait été rude et avait laissé quelques cicatrices morales. Pour la première fois, lors de son transfert ici, elle n’avait pas répondu aux pics qu’on lui avait lancés. Il faut croire que ce n’était pas son jour. D’ailleurs, avant même de faire quoi que ce soit, elle est partie se couchée sans en attendre l’autorisation et surtout –oh, miracle !- sans croiser personne.

Ce matin, lorsqu’elle se fut réveillée, elle se sentait fatiguée, voir même épuisée. Alors, elle s’était levée de bonne heure pour aller marcher un peu avant de prendre les cours. Elle espérait rentrer assez tôt pour pouvoir prendre une douche sans arriver en retard afin de ne pas se faire remarquer dès le premier jour.

Elle prit son sac et y fourra ses affaires de sport à l’intérieur avant de le fermer et de le glisser sur son épaule. Elle attacha ses cheveux en une haute queue de cheval. Quelques mèches rosées de la frange de la demoiselle qui était coupée en dégradé était trop courte pour être attachée avec les autres et encadrait son visage fin. Enfin, lorsqu’elle fut habillée et prête, elle mit son sac sur l’épaule et partit en direction de la salle d’entrainement.

L’air au dehors était frais et humide. « Ah, quel affreux pays que l’Angleterre » se dit-elle. Si cela ne tenait qu’à elle, elle aurait pris le premier avion pour New York pour retrouver ce climat doux de là-bas. Mais bien évidemment, elle n’avait aucun mot à dire dans cette histoire. Elle marchait lentement, sans se presser, comme si elle n’avait pas vraiment envie d’aller faire du sport alors qu’elle attendait que cela. Enfin quelque chose qu’elle pouvait faire comme là-bas.

Elle poussa la porte des vestiaires. Celui-ci était vide, hormis les casiers. Elle prit donc son temps pour se changer et donc mettre ses affaires de sport. Une fois prête, elle sortit en laissant la porte claquer derrière elle et observa les lieux. Nombreuses étaient les machines : des de musculation, mais des installations pour la gymnastique aussi bien au sol qu’artistique ou autres. Pour Taylor, ça aurait pu être la caverne d’Ali Baba.

Elle s’avança vers les tapis roulants où déjà quelques personnes courraient. Elle grimpa sur un vide, mais, quand elle se trouva devant les boutons pour le faire fonctionner, elle fronça les sourcils. C’était bien plus compliqué que ce qu’elle pensait, elle qui n’avait jamais touché à ce genre de machines. Elle regarda les boutons de plus près, mais c’était comme du chinois. Que faire ? Elle regarda autour d’elle, essayant de regarder par-dessus les mains des personnes alentours qui cachaient le panneau de commande. Elle détestait se sentir idiote comme cela, c’était pour elle insupportable. De plus, elle perdait un temps précieux qu’elle aurait pu consacrer au sport. Bientôt il lui faudrait aller en classe, et elle n’aurait même pas pu vider son esprit de tous les tracas qui s’y bousculaient.
[HRP : j’espère que tu ne m’en veux pas pour avoir répondu sans t’en avoir parlé, mais ça évitait comme ça que je crée un nouveau RP. De toutes façons, si ça ne te conviens pas, dis-le hein ( ;
J'espère aussi que je n'ai piqué la place de personne x.x]


Dernière édition par Taylor Shaun le Mer 16 Nov - 9:16, édité 1 fois
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Victoria Gomez
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MessageSujet: Re: Running around [libre]   Mar 15 Nov - 8:44

Dans un premier temps, deux personnes vinrent lui tenir compagnie. Deux de ses collègues avec qui elle s’entendait plutôt bien. Le plus âgé, lorsqu’il la vit, s’approcha avec un grand sourire. C’était un ancien professeur d’université, un de ces hommes qui savent tout et se font un plaisir de partager leur savoir avec vous. À l’arrivée de Victoria, il lui avait fait part de tous les secrets du métier, des ruses enseignantes pour ne pas se faire étudier par la masse étudiante, etc. Il devait être plutôt près de la retraite, mais il n’abordait jamais ce sujet, amoureux de son travail qu’il était.

« Vous avez lu, Señora Gomez, dans le journal de ce matin; l’Espagne annonce enfin la fin de son combat armé. N’est-ce pas là un soulagement. »

Elle hocha doucement la tête. Victoria trouvait charmante sa façon de s’intéresser à tout ce qui touchait ses collègues de travail. Pour elle qui venait d’Espagne, il en enregistrait toutes les actualités, les us et coutumes. Cet homme aurait pu tenir une conversation sur n’importe quoi, avec n’importe qui. Ils discutèrent quelques instants à propos de la pluie et du beau temps, échangèrent quelques commentaires sur leurs groupes classe respectifs et sur le programme de leurs cours. Un peu plus loin, l’ami du professeur avait déjà commencé à s’entraîner. Le vieil homme s’apprêta à aller le rejoindre quand un mouvement attira son attention à l’entrée de la salle.

« Nouvelle étudiante ? » demanda-t-il en indiquant d’un regard à Victoria quoi regarder.

« Sans doute. Je ne l’ai jamais vue avant aujourd’hui. »

L’homme sourit, et souhaita à Victoria une excellente journée, et lui conseilla de ne pas se tuer à l’entraînement : les petites jeunesses comme elles avaient tendance à se surmener. L’enseignante le traita de flagorneur en riant doucement et lui recommanda à lui aussi une bonne journée. Elle courut encore un peu, laissant son regard se promener sur toute la salle. Après quelques minutes, elle arrêta la machine, s’essuya la nuque avec sa serviette et la fit tenir en place avant de descendre et de se rincer la gorge avec un torrent d’eau fraîche. En se dirigeant vers les vestiaires, elle remarqua que l’étudiante semblait hésiter devant les contrôles du tapis de course. Victoria se dirigea vers elle d’un pas tranquille, le souffle encore un peu cours.

« Vous vous sentez plus du type sprint ou marathon ce matin ? » demanda-t-elle doucement pour savoir si elle souhaitait régler la machine sur quel rythme.

Elle observa un instant la jeune femme, ne sachant pas précisément quel âge lui donner. Pour sûr, il ne s’agissait pas d’une adulte. Par contre, quelque chose dans son regard lui disait qu’elle était peut-être plus adulte que certains adultes qu’elle connaissait.

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MessageSujet: Re: Running around [libre]   Mer 16 Nov - 9:27

La jeune fille essayait plusieurs boutons différents, sans trouver ce qu’elle désirait. Elle était sur le point de retourner aux vestiaires, abandonnant sa fausse course. D’ailleurs, plus elle y réfléchissait, plus elle se disait que cela ne servait à rien de courir dans une salle chauffée, faire du sur place, alors qu’elle aurait pu courir au grand air dehors. Même s’il y fait froid, ça lui aurait parmi de découvrir quelque paysages inconnu et découvrir dans quel endroit elle avait atterrit.

« Vous vous sentez plus du type sprint ou marathon ce matin ? »

Elle leva les yeux vers la femme qui venait de lui adresser la parole, d’abord incertaine que ce soit vraiment à elle qu’elle s’adressait, mais en voyant le visage tourné vers elle, plus aucun doute n’étais possible. Elle était surprise qu’on fasse attention à elle. En écoutant les adultes parler entre eux, elle comprit que ce n’était pas ses affaires et c’était vite détournée de la conversation en cherchant une solution à son problème. Elle descendit du tapis sur lequel elle était montée et regarda la femme.

« En fait, je pense que ce n’est pas mon truc, les machines d’intérieur. Le paysage ne vaut pas ceux de dehors. »

Elle ajouta à sa phrase un sourire, repensait distraitement au champ de coquelicot de son enfance, aux bois où elle adorait courir. Mais l’heure n’était pas à la nostalgie. Elle s’empressa d’ajouter un léger « merci quand même » pour montrer qu’elle était tout de même un minimum polie. Elle regarda sa montre, vérifiant si elle avait du temps encore avant le début de son cours. Bien évidemment, elle n’était pas le genre d’élève lèche-botte auprès des professeurs –ni auprès de personne d’ailleurs- mais elle ne souhaitait pas arriver en retard dès le premier jour. Elle ne savait pas comment les élèves réagiraient, et même si cela ne l’inquiétait pas tant que cela, c’était toujours quelque chose de nouveau, et loin de son pays, qui plus est.

« Vous êtes prof ici je suppose ? De sport ? »

Sans le vouloir, elle avait tout de même observé la femme. Elle courrait déjà avant l’arrivée de la jeune fille aux cheveux d’une couleur plutôt inhabituelle. Mais dans la société d’aujourd’hui, lorsque l’on n’est pas normal c’est lorsque l’on affiche trop de normalité, justement. Bref.

Elle avait couru à un rythme régulier, et Taylor en avait donc supposé qu’elle aimait courir et courait assez souvent. Bien entendu, elle ne savait pas quel était son emploi, et pouvait donc se tromper. Après tout, on pouvait aimer le sport sans en enseigner la matière. Tout ce qu'elle espérait, c'est qu'elle n'était pas une de ces professeurs qui engueulent leurs élèves sous le simple prétexte qu'ils ne les aimait pas.
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MessageSujet: Re: Running around [libre]   Ven 18 Nov - 8:24

Victoria hocha la tête doucement à la première affirmation de la jeune étudiante. Elle comprenait parfaitement ce point de vue, préférant elle-même sentir les rayons du soleil quand elle courait, plutôt que les lampes artificiels du gymnase. Elle continua de sourire doucement. Et quand la jeune fille la « remercia quand même », Victoria lui répondit que c’était la moindre des choses.

« Vous êtes prof ici je suppose ? De sport ? »

L’enseignante eut un rire léger en secouant la tête, ce qui eut pour effet de faire tomber plusieurs mèches de cheveux dans ses yeux. Machinalement, elle défit ses cheveux pour les remettre en place aussitôt, s’assurant bien de coincer les quelques mèches récalcitrantes dans la pince avec le reste.

« C’est flatteur, » dit-elle en souriant.

Après tout, ça voulait sans doute dire qu’elle avait l’air d’être en forme, assez pour travailler dans ce domaine. Malheureusement, ses formes en santé étaient dues surtout à une obsession de rester jeune, de ne pas montrer la moindre trace de vieillissement. Et elle ne devait pas sa silhouette qu’au sport, mais ça, ça lui appartenait.

« En fait j’enseigne la philosophie ici, aux deuxième et quatrième années. »

Il faut dire qu’elle n’avait pas l’allure typique du professeur de philosophie. Tous ceux qu’elle avait connus pendant ses études étaient vieux, barbus avec l’air à peine sortis du lit. Quand ils l’avaient comme enseignante la première fois, les élèves étaient toujours surpris. D’abord parce que les femmes étaient rares dans ce domaine d’études, mais aussi parce qu’elle n’avait pas l’air négligé ni n’affichait des signes de vieillesse, voir même de sénilité – plusieurs professeurs de philosophie de sa connaissance confirmaient malheureusement ce préjugé. Victoria était contente de pouvoir le faire tomber. Un peu.

« J’imagine que vous venez tout juste d’arriver, je ne vous ai jamais aperçue avant. »

Vicki avait une mémoire plutôt infaillible en ce qui avait trait aux noms et aux visages. Ce visage ne lui disait absolument rien, donc pour elle il ne pouvait s’agir que d’une nouvelle élève. Et celle-ci devait forcément avoir un nom. Alors l’enseignante se présenta.

« Je suis señora Gomez. Vous êtes ? »

Elle aurait pu dire qu’elle était « madame Gomez » mais ça ne lui semblait pas naturel. De plus, tous ses collègues l’appelaient ainsi à cause de ses origines, et ses élèves avaient rapidement suivi le modèle. Ça lui faisait toujours plaisir d’entendre une note d’espagnol devant son nom, même si c’était le plus souvent très mal prononcé. Elle pouvait vivre avec.

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MessageSujet: Re: Running around [libre]   Ven 18 Nov - 12:38


La plus jeune des deux femmes observa l’autre, à la fois intriguée et surprise. De tous les professeurs à qui elle aurait pu penser, elle n’aurait jamais imaginé que la femme rousse puisse être un professeur de philosophie. De plus, elle ne pouvait pas se faire une comparaison mentale, étant donné que ses cours de philosophie tombaient le lundi matin, elle n’y participait presque jamais. Elle l’observa pour se faire une idée. L’espagnole semblait assez gentille pour aller aider une élève en détresse, mais qu’en était-il lors des cours ? Elle savait que les caractères de certains adultes pouvaient changer en fonction de l’endroit où ils se trouvaient. Peut-être faisait-elle partie de ceux-là ?

« Les deuxièmes années ? »

Au moins, elle allait pouvoir faire sa propre opinion sur l’enseignante. Elle appréhendait la matière en elle-même. D’après le peu de gens avec qui elle en avait discuté, ils lui avaient tous répondu que c’était affreux, les notes était toujours minables et les professeurs ennuyeux.

« Et bien, senora, je suis Taylor Shaun, et effectivement, je suis arrivée hier soir. »

Taylor avait essayé de faire un effort sur le mot espagnol, essayant d’imiter les intonations, sans y parvenir vraiment. Elle fit une pause, le temps de marquer son effet. Peut-être était-ce inutile, mais l’élève s’en fichait éperdument. Elle n’avait aucunement l’intention de changer ses habitudes les plus enfouies en elle juste parce qu’elle avait changé d’établissement.

« Et vous m’aurez donc en élève, je suppose. Par contre, je n’ai jamais fait d’espagnol, veuillez m’excuser si je ne parle pas correctement, ou si je prononce mal. »

Puis l’adolescente se mit à songer aux paysages d’Espagne. Comment cela pouvait-il être ? Les paysages ressemblaient-ils à ceux des Etats-Unis, ou était-ce complètement différent ? Elle se mit à rêver des taureaux, des plages…

« Comment c’est, l’Espagne ? »

Voilà, c’était sorti. Tout seul certes, mais au moins elle allait avoir la réponse à ses questions intérieures. Et puis ça lui permettait de connaître mieux l’enseignante. Et ça lui fournirait une bonne excuse si jamais elle arrivait en retard.
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MessageSujet: Re: Running around [libre]   Mar 22 Nov - 17:34

Tiens, elle l’aurait donc dans ses élèves. Elle pourrait se faire une bonne idée sur cette élève une fois qu’elle l’aurait dans sa classe. C’était toujours intéressant d’observer les jeunes dans un contexte de réflexion et de débats, de branle-bas d’idées diverses et adverses. Fascinant. Serait-elle du genre à garder le silence et à observer ? Ou prendrait-elle part aux discussions ? S’agirait-il d’une élève douée sur papier mais peu à l’oral, ou l’inverse ? Ou un petit génie doué sur tous les plans comme ce nouvel étudiant qu’elle n’arrivait toujours pas à encadrer parfaitement ?

« Oh ça va, j’ai entendu pire. » dit Victoria en souriant, faisant référence à la prononciation espagnole de l’étudiante.

Il y eut un bref silence durant lequel Taylor sembla perdue dans ses pensées. Victoria l’observa tranquillement, se demandant ce qui pouvait bien agiter son esprit. Probablement plusieurs choses. Être une nouvelle étudiante dans un endroit comme Black Velvet devait contenir son lot d’inquiétudes et de questionnements. Victoria savait bien la pression que les adolescents mettent sur leurs pairs et savait que même une personne qui paraissait forte nourrissait des craintes lorsqu’elle entrait dans un nouveau groupe. Et la communauté de Black Velvet était très élitiste, et assez fermée sur elle-même, il fallait l’admettre. Mais la question qui vint surprit Victoria. Ça n’avait absolument rien à voir avec ce qu’elle pensait. Elle eut un petit rire doux.

« C’est vivant. Coloré. Chaud. Ça peut sembler plutôt vague comme ça, mais quand je repense à la maison, aux rues, à la population, à l’architecture … ce sont les trois mots qui me viennent spontanément.»

Victoria se demandait quelle était la teneur de cette question. La jeune étudiante s’intéressait à l’Espagne, ou aux voyages en général ? Ou alors elle cherchait simplement à meubler la conversation. Motif tout à fait légitime.

« J’ai peut-être un parti pris pour cette région du monde, mais malgré tous les voyages que j’ai faits, je crois pouvoir dire que c’est l’endroit dans le monde où le soleil brille le plus fort. »

Victoria n’avait qu’à évoquer les couleurs de son pays pour que dans ses prunelles se remette à briller l’éclat de sa jeunesse, des beaux jours, des débuts de son mariage. Puis il y avait eu l’ombre sur le tableau. Alors elle avait voulu partir pour éviter que l’ombre recouvre tous les beaux souvenirs, déplacer le nuage ailleurs. Ici. En Angleterre.

« Vous planifiez un voyage ? »

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MessageSujet: Re: Running around [libre]   Mer 23 Nov - 10:49

La jeune fille commençait à imaginer divers paysages qui, selon la description de l’enseignante, malgré le manque de précision. Elle remarqua les yeux pétillants du professeur. Elle devina combien l’Espagne devait être cher au cœur de Señora Gomez, à la manière dont elle parle. C’est sans doute comme cela que la jeune élève aurait parlé des Etats-Unis, même si elle n’aurait pas utilisé les mêmes adjectifs étant donné que ce sont deux pays très différents. Elle sourit franchement pour une fois, s’apercevant que toutes deux chérissaient leur pays et que même si elles l’avaient quitté pour une raison ou pour une autre, il restait tout de même cher à leurs yeux.

« En tout cas, on voit que vous aimez ce pays. Etes-vous née là-bas ? Ou était-ce juste un voyage ? »

Taylor s’étonnait elle-même de ce brusque changement d’attitude dans sa vie. Habituellement, elle parlait le moins possible, se laissant oublier, si on passe un trait sur ses moments de travail. Et voilà qu’elle posait des questions et se montrait intéressée sans jouer la comédie, et même sans y être obligée à quelqu’un qu’elle ne connaissait pas. Peut-être que le fait d’être arrivée en Angleterre si vite l’avait déboussolée plus qu’elle n’y aurait cru. Elle sourit lorsque l’enseignante lui demanda si elle planifiait un voyage.

« Non, malheureusement. C’est la première fois que je quitte les Etats-Unis, et je pense que lorsque je repartirais d’ici, je ne quitterais sans doute plus les USA. »

Un léger voile passa dans ses yeux. Une sorte de nostalgie sans doute, quand elle repensa au champ de coquelicots. Si elle devait préparer un voyage, c’est là-bas qu’elle retournerait, en espérant que son ami n’ait pas changé d’adresse depuis le temps. Que penserait-il quand il verrait qu’elle ne lui envoyait plus rien, ne pouvait plus travailler d’aussi loin ? Le remarquerait-il ? Mais surtout, ce qui lui rongeait les sangs, c’était de se demander s’il avait encore quoi que ce soit à faire d’elle à présent qu’elle était partie sans un mot. Brisant le silence qui s'était installé pendant les quelques temps où elle pensait à son « chez elle », elle reprit :

« Puis-je vous demander pourquoi êtes-vous partie ou est-ce trop indiscret ? »

[petit et très nul, pardon x.x]
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MessageSujet: Re: Running around [libre]   Ven 25 Nov - 8:24

Victoria hocha la tête doucement. Oui, elle était née en Espagne, dans la ville de Palmas. Elle avait passé là-bas les premières et les plus belles années de sa vie. Et aussi les plus houleuses, songea-t-elle en repensant aux nuits blanches qu’elle avait causées à ses parents à de si nombreuses occasions durant son adolescence.

La voix de la jeune fille sembla empreinte de tristesse quand elle évoqua les États-Unis. L’enseignante comprenait parfaitement l’attachement que l’on pouvait éprouver pour son pays d’origine. Elle avait déjà visité les États-Unis et avait apprécié son séjour. Mais personnellement, elle trouvait que malgré les rues bourdonnantes de gens, c’était beaucoup moins vivant et chaleureux que l’Espagne. Mais elle n’avait vu que les grandes villes lors de ses voyages. Peut-être que les régions de banlieue ou les villages étaient tout à fait différents, moins froids.

« Puis-je vous demander pourquoi êtes-vous partie ou est-ce trop indiscret ? »

Un pli léger se forma au coin de la bouche de l’enseignante, comme une certaine crispation dans la mâchoire, mais qui se défit aussitôt au profit de son sourire aimable qu’elle affichait depuis tout à l’heure. C’était en effet une excellente question qu’on lui posait là. Pourquoi partir ? Pourquoi quitter le plus bel endroit du monde, toujours ensoleillé, pour gagner l’Angleterre, ses nuages et son humidité ?

« Pour la même raison qui vous a fait quitter les États-Unis, j’imagine. Cette école. J’en avais entendu parler et j’ai voulu postuler. Je ne croyais pas obtenir le poste, puisqu’à ce moment je sortais à peine de l’université et que j’étais sans expérience aucune. J’ai fait une entrevue à distance et à ma grande surprise, j’ai été prise. »

Il avait alors fallu qu’elle prenne la décision la plus importante de sa vie. Partir ou rester ? Elle aurait laissé ses enfants en Espagne si son mari n’avait pas insisté pour la suivre. Elle ne regrettait pas leur présence, mais celle de Frédéric l’épuisait, même si elle ne le voyait qu’une ou deux fois par semaine. Elle le sentait par-dessus son épaule, le voyait à la lisière de son regard. Elle chassa l’ombre dans son regard, accompagnant cela par un petit mouvement pour secouer la tête. Les mèches rebelles retombèrent aussitôt devant son front.

« Avez-vous eu l’occasion de vous familiariser avec l’école ? »

[hrp : petit et nul aussi, mais petit ça entre dans mon horaire alors je me plains pas]

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MessageSujet: Re: Running around [libre]   Mer 30 Nov - 10:18

Cela étonnerait beaucoup qu’elle soit venue de la même façon que la jeune étudiante. Elle avait postulé, elle, tandis que la jeune fille n’avait aucunement envie de venir ici. Elle ne voyait même pas ce que cette école lui apporterait de plus, étant donné que sa vie était déjà toute tracée, selon elle. Elle ne voyait pas ce qu’un semblant d’éducation pourrait lui donner, alors que toute personne à peu près censée sait très bien que les études sont la clé de la réussite. Elle ne se voyait pas faire autre chose, et surtout pas dans un autre pays.

Quelques fois, elle se sentait prisonnière de ce grand pays qu’elle aime. Non pas parce qu’elle ne peut pas le quitter, elle n’en a aucune envie, mais plutôt par le fait d’avoir sa vie tracée. Certes, ce n’est pas la faute du pays, mais elle devait toujours mettre la faute sur le dos de quelqu’un. Elle aurait très bien pu se dire que c’était la faute de ses parents, mais les ayant chassés de sa vie, elle n’en voyait pas l’intérêt.

Cependant, Taylor ne répondit pas à la réplique de l’enseignante, préférant ne pas entrer plus dans les détails. Après tout, on lui avait bien dit de ne pas préciser la raison de son arrivée ici, non ? Même si elle était enseignante, il se pouvait qu’elle ne soit pas au courant de tout ce qu’il se tramait ici.

« Pas vraiment non. Après mon arrivée, je suis directement allée me coucher, pour me lever tôt ce matin et donc pouvoir courir un peu. »

Elle observa la jeune femme devant elle. Elle devait avoir quoi… Dans les trente-cinq quarante ans ? Elle restait tout de même une belle femme. La manière qu’avaient ses cheveux à revenir sur son front en mèches rebelles amusait un peu la jeune fille, imaginant que ça finirait tôt ou tard à insupporter le professeur. La jeune fille s’étira, avant de regarder l’horloge pendue à un des murs de la salle d’entrainement.

« Que diriez-vous de retourner aux vestiaires ? Vous devez avoir envie de vous changer, je me trompe ? »

Sans vraiment attendre la réponse, elle commençait d’ores et déjà à se diriger vers le lieu-dit. Elle n’avait pas l’intention de paraître impolie ou autre, c’était seulement sa manière d’être. De toute façon, qui n’aimerait pas se changer après une bonne course ?
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MessageSujet: Re: Running around [libre]   Jeu 1 Déc - 7:49

Victoria sourit. Elle comprenait qu’on puisse se coucher tôt en arrivant. Le voyage depuis les États-Unis avait du la fatiguer sans aucun doute. Mais c’était assez surprenant ; la plupart des étudiants qui arrivaient ici étaient surexcités dès leur arrivée et demandaient à tout voir immédiatement, peu importe l’heure à laquelle ils débarquaient. Il fallait alors trouver quelqu’un pour leur faire visiter les locaux. Hors des heures de cours, le jour, c’était facile. Les étudiants de Black Velvet étaient toujours curieux à propos des nouveau venus et s’empressaient de se porter volontaires. Lorsqu’ils arrivaient la nuit ou à l’heure des cours, on allait vers les gens disponibles : souvent des enseignants.


« Que diriez-vous de retourner aux vestiaires ? Vous devez avoir envie de vous changer, je me trompe ? »

« En effet. J’allais le proposer. » répondit Victoria en emboîtant le pas à la jeune femme, naturellement.

Elle sentait la sueur qui lui coulait le long de l’échine depuis tout à l’heure, de ses quelques cheveux libres qui s’affaissaient. Une douche aussi, lui ferait le plus grand bien. Une bonne douche bien fraîche et méritée, surtout. Arrivée dans les vestiaires, elle dénoua ses cheveux, qui lui tombèrent lourdement sur les épaules. La sueur accentuait leur ondulation naturelle. Détestant se sentir gluante de la sorte, elle regarda les douches avec un petit air ennuyé. Elle n’aimait pas les douches de vestiaire. Dieu seul savait combien de pieds sales y avaient trempé. Mais elle n’allait pas sortir dans les couloirs comme ça. À cette heure, les élèves qui avaient cours à la deuxième période du matin devaient justement circuler pour s’y rendre. Elle repensa à l’élève qui était avec elle.

« À quelle heure est votre premier cours ? Je ne voudrais pas vous mettre en retard. »

Le deuxième cours de la journée commençait à 10 heures 35 du matin, et si elle se fiait à l’horloge, on n’en était pas très loin. Victoria ne donnait pas de cours avant 13 heures 30, mais elle avait déjà réduit pas mal le temps qu’elle avait prévu pour la correction. Bah. Ce n’était pas grave : elle n’avait pas promis les notes au cours de cet après-midi, mais pour la semaine prochaine.

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Running around [libre]

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