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 Un toit et des ados...

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Abriel B. Vaughan
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MessageSujet: Re: Un toit et des ados...   Lun 9 Jan - 9:22

Mercredi. Journée sans cours à l’horaire. Journée ennuyeuse puisque passée à se dire qu’il perdait son temps ici. Si cette journée avait été collée sur le weekend, il aurait pu rentrer chez lui, faire un peu plus de courses pour sa mère, s’assurer qu’elle allait bien et prendre quelques rendez-vous supplémentaires pour amasser plus de frics. Mais non. Il était contraint à ne rentrer chez lui que deux jours par semaines. Et à se faire chier ici cinq jours sur sept. Journée ennuyeuse bien qu’aujourd’hui elle ait été coupé en deux par une sortie de sa chambre vers la cafétéria pour aller rejoindre miss Blackwood et ses sbires. Un dîner pénible à écouter piailler des adolescentes. Mais il se disait qu’Elles étaient sans doute plus à plaindre, contraints à accueillir à leur table l’épouvantail de service. Chacun son malheur, se dit-il.

Il avait passé une partie de l’après-midi dans sa chambre, à lire ses livres de cours. Pas parce que ça l’intéressait. Pas parce qu’il état soudainement studieux. Juste parce qu’il n’avait rien de particulier à faire de son temps. Mais la lecture avait été intéressante. Il avait parcouru plusieurs extraits de textes de grands philosophes et de moins grands, les moins grands ayant souvent des choses plus frappantes à dire. Il avait lu les chapitres qu’il avait de retard sur le groupe, mais s’était aussi avancé de deux chapitres supplémentaires. Il n’avait eu qu’un cours de cette matière jusqu’à maintenant. L’enseignante lui avait plu. Elle maitrisait sa matière, et ses élèves. Et dès ce premier cours ils avaient argumenté ensemble à propos de la place grandissante des pilules à tout faire dans nos pharmacies. Petit débat au départ. Dans le milieu duquel il était issu, Abriel avait rarement affaire à des interlocuteurs aussi dégourdis et au fait. Il avait pris plaisir à discuter avec cette femme, même si pour l’instant, elle lui portait un regard plutôt méfiant et réprobateur. Sa tenue sans doute, ses cheveux, son attitude désintéressée.

C’étaient des crampes d’immobilité qui l’avaient d’abord fait sortir de sa chambre, puis de son dortoir. Il ne croisa personne dans les couloirs. La fin du dernier cours de la journée allait sonner. Il n’avait pas envie de tomber sur une foule d’étudiants criant la gloire de la fin de journée. Ni de tomber sur princesse Blackwood et sa clique. Il emprunta des couloirs qu’il n’avait encore jamais empruntés. En une semaine, il n’avait pas jugé bon de tout explorer. Si l’ennui le gagnait, ça lui laisserait du nouveau à découvrir. Comme aujourd’hui. Il arriva à une cage d’escalier qui ne semblait mener nulle part. Il y monta. Il y avait une porte, mal refermée. Quelqu’un de distrait avait du y passer récemment. Il passa, referma derrière lui après avoir bien vérifié qu’elle ne se verrouillait pas dès qu’on la fermait.

À cette heure, le soleil commençait à perdre de son éclat aveuglant. Il était sur le toit, visiblement. Et l’horizon était superbe. Black Velvet était un domaine magnifique, on ne pouvait le nier, assurément. Malgré ses allées trop droites et sa symétrie presque maladive, le terrain possédait un réel charme. Et une taille non négligeable. Il fit quelques pas, absorbé dans sa contemplation. Il remarqua que quelqu’un se trouvait déjà là. Quelqu’un qui, comme lui, recherchait le calme. Il dépassa la personne, passant juste à côté d’elle. Il marcha jusqu’au garde-fou. Après un moment d’immobilité, il l’enjamba.
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Léandre Lambert
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MessageSujet: Re: Un toit et des ados...   Mar 4 Sep - 18:19

Il y avait ces petites choses, ces petits trucs qui paraissaient totalement ordinaires à n'importe quelle personne constituée. Et à côté il y avait Léandre au coeur en carton, Léandre à qui ces toutes petites choses se transformaient en travaux d'Heracles. Parmi ces choses comptez le simple fait de monter trois étages ou de souffler dans une flûte. Sérieusement, si un jour Lambert mettait la main sur le génie qui avait trouvé rigolo d'instaurer de faire jouer de la flûte à ses élèves en cours de musique... Léandre, lui, ça l'amusait pas tellement la flûte. Surtout quand elle était en plastique. Surtout quand il n'en avait jamais joué de sa vie. Surtout quand ça impliquait postillonner dans un maudit bout de plastoc pendant près d'une heure et vingt cinq minutes. Bref, ça avait été aussi rigolo que le cours de biologie du matin. Les joies de la L c'était qu'on passait toutes les matières scientifiques à la trappe. Alors bon, malgré les rattrapages maison sur le tas dans le lit d'hôpital, le retour à la bio faisait un peu mal aux fesses. D'autant plus qu'à son grand malheur, la réputation de l'école était bien fondée et la grande partie des élèves étaient de loin en avance sur lui.

- Bachibouzouk de tonnerre de Brest ! Avait-il marmonné entre deux souffles saccadés en réajustant ses lunettes une fois arrivé en haut des escaliers. Pour une raison X ou Y, après l'humiliation subie en musique, Léandre avait éprouvé le besoin de se terrer dans un coin désert. Il avait déjà repéré le toit deux jours auparavant mais n'avait pas eu le cran de tenter le Diable en grimpant les escaliers. Alors que sa poitrine le lançait et que de grosses gouttes de sueur apparaissaient sur son front, il se dit que ce n'était pas la plus brillante des idées qu'il avait pu avoir. Pourtant, il l'avait fait et il n'en était pas peu fier. Au moins, s'il n'était pas fichu de cracher dans une morceau de plastique pendant cinq mille cent secondes sans tousser comme un vieux débris, il pouvait venir à bout de quelques marches. Une petite victoire pour le jeune blond.
Se lançant tomber contre le bâtiment, il jeta un coup d'oeil à droite, puis à gauche et passa sa main dans sa poche pour sortir son flacon de pilules. Il en avala deux, rangea le médicament, ouvrit son sac et le posa par terre après avoir extirpé son manuel de biologie. Ne pas avoir de bonnes notes était une chose, ne comprendre que la moitié de ce qui sortait de la bouche de son professeur en était une autre. Il était temps de remettre certaines pendules à l'heure.
Il commença par feuilleter l'ouvrage, étudiant le programme et l'organisation des chapitres mais se figea en tombant sur un schéma détaillé d'un oiseau disséqué. Intrigué, il se mit à lire attentivement la légende et les explications.

Pas d'bol parce qu'au bout d'une dizaine de minutes, Morphée passa à l'attaque. Cette saleté de Morphée qui l'avait harcelé toute la nuit. Ses paupières se firent lourdes et les lettres semblèrent flotter sur les pages accompagnée par de petites taches noires. Alors que le soleil déclinait à l'horizon, Léandre glissait doucement dans cet horrible stade du sommeil éveillé. Cet état soporifique où l'on dort sans vraiment dormir, où le subconscient balance des images comme dans un rêve alors qu'on reste plus ou moins conscient de son entourage. Et vindieu, Léandre savait qu'il était à deux doigts de piquer un somme pendant que sa tête vacillait sur le bouquin comme un vieux poids mort. Alors quand une ombre non identifiée apparut soudainement dans son champ de vision, quelque chose s'éveilla en sursaut dans son cortex cérébral et le français bondit en beuglant avec un accent très marqué :

- LORD, WAT FOOLZ ZESE MORTALS BEE ! Bien entendu, sa réplique fut accompagnée de grands gestes de bras et le bouquin de bio faillit arriver droit dans la tronche de la silhouette inconnue mais par un miracle du St Esprit, le manuel se contenta d'expérimenter son première baptême de l'air, accompagné on ne sait trop comment de sa paire de lunettes.
- MEUF ! Un doigt accusateur fut pointé sur la dite meuf qui avait osé passer une jambe, un pied, une cheville où il ne savait trop quoi dans SON espace personnel aérien. Faut pas passer comme ça au-dessus des gens sans prévenir. C'est... Il s'arrêta une seconde, cherchant son mot. Déconvenable. J'ai cru qu'un corbeau enragé me fonçait dessus.



Dernière édition par Léandre Lambert le Mer 5 Sep - 14:33, édité 1 fois
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Esma Shoushana
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MessageSujet: Re: Un toit et des ados...   Mer 5 Sep - 9:33

    Premier jour : au secours. Avouons que ça pouvait difficilement se passer autrement. Débarquée du taxi hier dans la nuit, les valises jusqu'au cou. La nuit passée dans une chambre froide, la couette fleurant la lessive servant de cocon autour des bâtonnets glacés qui lui servent de jambes. Et chaque heure s'égrainant, chaque minute semblable à la précédente, dans la lumière froide de la pleine lune passant par la fenêtre dont elle a refusé de fermer les rideaux jaunasses. Encore un truc à changer pour être chez elle.

    Mercredi. C'est pas un jour pour arriver, je vous l'accorde. Esma en a fait les frais. Visage fade et cerné, elle est entrée dans la classe de son premier cours de musique à Black Velvet comme sur la place de l'échafaud, les yeux un peu dans le vague et le visage renfrogné. On l'a regardée, intrigué. Elle a lancé quelques vagues sourires pour donner le change et faire semblant d'être ouverte à de nouvelles rencontres et puis a écouté le prof débiter des éloges grandiloquents à Wagner. Génial, un puriste. Elle a dessiné des moutons dans la marge au lieu de prendre des notes -de toute façon Esma ne supporte pas Wagner, sauf Lohengrin. Elle a pensé à sa contrebasse qui arrivera demain, faute de place pour la caser dans le taxi, et a fermé les yeux en pensant à son amie. Au déjeuner, mangé toute seule. Aucun visage n'a semblé lui dire de venir, de toute façon elle aurait sans doute eu trop peur. Seule face à son taboulé au goût de plastique, elle a eu un rictus en pensant qu'on ne la changerait pas en la changeant d'école. Il lui faudrait deux ans pour se faire des amis. Les gens ne viennent pas voir les gens bizarres pour devenir leurs amis comme ça. Les gens ne sont pas tous des bénévoles de SOS amitié, faut pas croire.

    En cours de linguistique, elle a noté des mots qu'elle ne connaissait pas sur un bout de papier, en se disant qu'un jour où elle serait plus motivée, elle demanderait au prof ce qu'ils voulaient dire vu qu'il les utilise autant qu'elle utilise les "euh..." quand elle parle à un inconnu. Y avait pas grand-monde en linguistique et l'ambiance studieuse et sage lui a intimé un silence faussement concentré et maussade. Journée de merde.

    Journée de merde. C'est tout, seule conclusion qu'elle peut tirer. Il faudra sûrement faire un petit effort pour Maman sur Skype ce soir, dire que l'appart qu'elle doit partager avec une inconnue est joli, que les profs ont l'air de savoir ce qu'ils disent. Pour le moment, le positif n'a pas encore été déterré et la journée n'a qu'un seul aspect : morne. Fatiguée, elle avale d'un trait un mauvais café de machine. Il va falloir rentrer dans le dortoir, défaire son sac, s'"installer". Préparer ses affaires pour demain, feuilleter un livre d'histoire pour être moins paumée. Le néant s'étale devant Esma. A ses pieds, du temps à combler. Des passe-temps envisageables si elle avait de l'énergie. Elle n'a pas envie de faire quelque chose. Elle est effrayée de n'avoir rien à faire. Dans la cafèt, on lui lance des regards fuyants. Ah, oui. Les cheveux blancs. C'est vrai que ça fait bizarre, la première fois qu'on en voit sur une personne de seize ans, surtout quand elle n'a pas franchement un style de grunge ou autre drôlerie hérissé de clous. Elle s'en va. Le monde lui fait peur. Elle voudrait sa chambre, sa solitude. Ses coussins, son ordinateur, ses muffins. Le silence rassurant de l'orchidée qui pousse à côté d'elle sans se soucier de sa voisine.

    Les couloirs s'enchaînent sans qu'elle y fasse vraiment attention. Elle s'en va ailleurs, c'est tout. Elle longe les murs ternes en espérant trouver un petit coin un peu plus poétique, un peu plus léger. Il y a des salles vides mais les néons et le tableau lui font soudain horreur. Merde. Habiter dans son école, elle n'avait pas réalisé que c'était se voir imposer un univers fait pour tout le monde, sans goût ni choix. Murs beiges et lino. Ce n'est pas seulement pas son monde, ce n'est celui de personne. La découverte s'arrêtera là. Une porte ouverte de salle de cours laisse passer la lumière déclinante du couchant qui effleure son front hâlé. Et la seule envie qui lui vient enfin, c'est de profiter de cette lumière. La sentir encore danser délicatement sur ses bras réfrigérés que la laine de son gros pull couvre sans les réchauffer. Un escalier semble l'inviter plus haut. Elle ignorait qu'il y avait encore un étage -peut être sera-t-il enfin désert ! Ni une ni deux, elle remonte son sac sur ses épaules voûtées et grimpe les marches. Il y a une porte. Puis le vent qui fait claquer ses foulards de soie colorée. Enfin, le vent et la lumière qui picote son visage soudain devenu doré dans le soleil couchant.

    La poésie s'arrête là. Y a des gens. Une espèce de grand échalas suicidaire et mal fringué qui enjambe la barrière du toit, et un autre qui a l'air aussi éveillé qu'elle et qui semble complètement affolé. Faut toujours que les autres soient là pour tout gâcher. Ils n'ont pas vu Esma débarquer sur le toit et fermer les yeux dans la lumière salvatrice. Elle remonte à nouveau son sac sur l'épaule et fait volte-face. Il lui faut de l'air. Pas des suicidaires qui se fringuent mal alors que vu le prix de l'école, c'est affreusement hypocrite. Pas non plus des blonds sursautants qui crient...

    - MEUF !

    Soupir. Bon, c'est le premier individu qui lui adresse la parole. Elle peut quand même faire l'effort de lui répondre. Elle tourne la tête vers le duo figé, balançait un "Oui ?" qui se veut nonchalant mais cordial... Qui meurt à moitié dans sa bouche. C'est pas à lui qu'il s'adresse, il beugle à moitié sur l'autre épouvantail qu'il a pris pour une nana. Manque de bol, sa réponse n'est qu'à moitié morte entre ses lèvres. L'autre moitié s'est perfidement aidée d'un courant d'air pour glisser vers eux. Ils ont entendu ? Figée comme une statue, elle marmonne un vague "pardon" et reste plantée là, comme une débile. Il faudrait peut être dire à l'autre que c'est un peu lâche de laisser la vie faire de lui ce qu'elle veut et de se balancer dans le vide. Il faudrait peut être dire à l'autre aveugle qui cligne des yeux que le punk bizarre est un garçon. Mais ça fait trop de choses à faire d'un coup, et ça fait deux jour qu'Esma n'a parlé à personne. Elle est fatiguée, et puis avouons que c'est un boulet en relations sociales. Alors au lieu d'essayer de faire preuve de bon sens, elle esquisse un pas vers les deux abrutis et lance à l'espère d'échalas au jean plein de trous :

    - Euh... Tu veux d'l'aide ?

    Ironie, cynisme, hésitation, faiblesse ridicule ? Esma voudrait s'enfuir avant qu'il ne la regarde. Mais ses petits pieds restent plantés dans le sol et ses yeux lancent un regard incrédule aux deux grands bonhommes qu'elle vient d'aborder. Bon bah ça fera un truc à raconter à Maman. Eh Maman, j'ai quand même abordé deux types aujourd'hui ! Je fais des efforts, tu vois. S'ils sont sympa ? Euh... Ils ont l'air en tout cas. Enfin...

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Abriel B. Vaughan
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MessageSujet: Re: Un toit et des ados...   Ven 14 Sep - 10:16

Il avait à peine eu le temps d’enjamber la barrière que tout un chahut s’était déclenché derrière lui. Un cri de mort dans un accent incompréhensible, et tout un tas de mots qu’il n’avait pas compris Mais tout le boucan l’avait surpris. Dans un sursaut, il était passé près de rater sa manœuvre. Il se serait étalé au sol comme une crêpe. Qu’est-ce que c’est que ce bordel, pensa-t-il en attrapant de la main la barrière pour retrouver son équilibre. Il s’était faite une image très nette de ce bahut : pas un cheveu qui dépasse, des élèves soumis à l’autorité, qui ne dérangent pas … et voilà que sur le toit, on lui criait dessus. Enfin … était-ce sur lui qu’on avait crié ? Il n’en était pas trop sûr, à bien y penser. Il se retourna, afin de voir qui se trouvait là. Un mec, un peu échevelé, l’air un peu perdu. Sans doute celui qui avait gueulé. Puis il y avait aussi une fille, l’air pas mal plus jeune que lui. Celle-ci avait son regard fixé sur lui. Puis les lèvres de la demoiselle remuèrent et il comprit qu’elle lui demandait s’il voulait de l’aide. De l’aide ? Il la regarda, mitigé. Il savait bien lire l’ironie. Il était seulement déstabilisé d’en rencontrer ici, dans cette école où personne jusqu’à maintenant n’avait saisi la sienne.

« Je suis capable de m’asseoir tout seul, merci. »

Il prononça ces mots et s’exécuta, laissant pendre ses grandes jambes maigres dans le vide. Il avait espéré trouver un peu de solitude sur ce toi. De tranquillité. Visiblement, c’était raté. Les étudiants de ce maudit lycée étaient littéralement partout. Même dans le jardin, après le couvre-feu, il avait fallu que quelqu’un vienne le trouver. Qu’est-ce qu’il avait fait au bon dieu ? Il glissa la main dans la poche de son jean et en tira son briquet. Un truc bien beau, en argent. Il l’avait piqué à il ne savait plus trop qui. Probablement un de ses clients, ces types bien friqués qui étaient assez cons pour laisser leurs affaires sans surveillance pendant qu’ils allaient se débarbouiller, confiants de tout, confiants que rien de mauvais ne peut leur arriver puisqu’ils ont une « position ». Il eut un petit sourire amusé en jouant avec le briquet, faisant claquer le couvert à répétition, l’observant sous toutes ses coutures. Il se demandait si ce serait facile de s’en procurer un autre ici, quand celui-là serait vide. L’argent ne manquait pas chez les élèves, mais il n’avait pas détecté d’odeurs de cigarettes ou d’herbe dans les endroits où il avait traîné. Peut-être qu’il aurait plus de chance parmi les membres du personnel. Il enfonça l’autre main dans sa poche, en tira une cigarette un peu tordue pour y avoir passé trop de temps.

Qu’est-ce que la fille avait pensé ? Sans doute qu’il allait se jeter en bas. C’est sûr, il aurait eu des raisons de le faire. Mais c’était pas son genre. En fait, si Abriel ne craignait pas grand-chose et faisait parfois montre d’une témérité qu’on pouvait qualifier de folie, il y avait une chose qui l’angoissait profondément, et c’était l’idée de la mort. Le grand mystère de l’après-vie, tout ça, il voulait rien en connaître avant le temps. Et s’il pouvait ne jamais le connaître, il en serait bien content. Il coinça la cigarette entre ses lèvres et marmonna quelque chose pour lui-même. Il garda un moment les yeux fixés sur le terrain de l’école. C’était vaste, mais partout autour il y avait cette putain de clôture qui visait à l’empêcher de se tailler quand il en avait envie. Il détestait cet endroit. Il regarda derrière lui, inspectant à travers un petit nuage de fumée les deux individus. Le gars était plutôt banal. Et à bien y penser, la fille aussi. Trop fluette, trop petite … trop jeune aussi. Ses cheveux lui donnaient un petit quelque chose, mais le manque de formes venait rattraper le coup et tirer le score vers le bas, malheureusement pour elle.
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Léandre Lambert
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MessageSujet: Re: Un toit et des ados...   Jeu 20 Sep - 5:25

Point de réponses. En même temps c'était pas comme s'il en attendait une. Et puis là maintenant tout de suite, ce qui l'embêtait beaucoup c'était de ne plus rien voir. Mais alors quasi néant total. Le monde autour de lui semblait s'être transformé en une sorte de tableau impressionniste avec des ombres, des formes et des couleurs sur lesquelles il ne pouvait mettre de nom. Cela ne l'aurait pas dérangé outre mesure s'il n'était pas justement en présence de quelqu'un. Léandre détestait ces moments d'impuissance qui semblaient le reléguer au rang de petite taupe humaine binoclarde.

- Euh... Tu veux d'l'aide ?

Une voix féminine lui indiqua la présence d'une autre nana mais il n'aurait pas su dire où elle était exactement. Il apercevait bien une espèce de silhouette vaguement humaine mais elle lui semblait trop fine pour appartenir à une élève d'au moins 16 ans. Et puis surtout ce qui s'apparentait à son crâne était blanc comme neige. Sûrement un poteau ou un truc du style.

- Je suis capable de m’asseoir tout seul, merci.

Comment ça une voix masculine maintenant ? Attendez là il y avait quelque chose qui n'allait pas. Y'avait sous l'gravillon comme le disait l'expression. Visiblement la question ne lui était pas destinée mais ça ne l'empêcha pas de saisir une possible opportunité.

- Ouaip, dis-moi pas que mes lunettes ont fait le saut de l'ange. Je suis même pas sûr d'avoir une autre paire. Vraiment, s'il avait eu la bêtise de balancer ses propres lunettes il n'avait plus qu'à lui aussi se jeter du toit. Il se voyait très mal expliquer au paternel « Hé au fait mes lunettes à je ne sais combien de centaines d'euros se sont fait la malle et se sont suicidées en sautant du haut de l'académie. Tu m'achètes une autre paire s'il te plaît ? ». Ah ceci dit il imaginait très bien la mine déconfite que tirerait le géniteur. Sauf que sans binocles il n'aurait même pas le plaisir de voir la tronche ahurie du vieux. La vie était quand même mal foutue.
Et puis le bruit d'un briquet suivi d'une diffuse odeur de tabac attira son attention.
- J'ai aucune idée de qui est l'individu en train de fumer là maintenant tout de suite mais il est quand même bien confiante pour croire que personne ne va le balancer. Il leva les mains et haussa les épaules. Je dis ça juste comme ça. Moi je fumerais peut-être pas en présence d'inconnus. Parce qu'on est inconnus non ? Y'avait pas eu de salutations donc il en concluait que personne ne se connaissait. Mais il parait que les règles sont faites pour être transgressées. De toutes façon on est bien que trois ? Ou quatre ? Euh n'est-ce pas ? Parce qu'en fait en l'état actuel des choses il n'était sûr de rien. D'ailleurs ça lui donnait bien envie de s'en griller une lui aussi. Encore aurait-il fallu qu'il réussisse à attraper son sac puis à trouver le paquet en faisant le calcul des risques, plus de l'effort moins la satisfaction apportée par la nicotine ça ne semblait pas en valoir la peine. Dans le fond, il se fichait du règlement de l'école. S'il pouvait se faire renvoyer ce ne serait pas plus mal que ça.
Au fait y'aurait pas quelqu'un qui aurait l'immense amabilité de lui donner ses lunettes dans l'hypothèse où elles n'étaient pas passées par dessus bord ?
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