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 Affaires de famille [pv Délia] Terminé

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Victoria Gomez
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MessageSujet: Affaires de famille [pv Délia] Terminé   Ven 10 Fév - 11:18

Ce weekend, Frederic était absent. Des affaires juridiques l’occupaient à l’extérieur du pays. Victoria en avait donc profité pour rentrer à la maison, faire le plein d’un peu de vie privée, prendre congé de son colocataire, Sharpe. Un homme fort chaleureux, certes, mais plutôt bruyant quand elle avait plutôt besoin de se reposer. Ce qui était le cas. Elle avait eu une semaine chargée à l’école, et ça faisait deux semaines qu’elle n’était pas passée à la maison. Elle pourrait prendre de nouveaux vêtements et, à son grand damn, terminer les corrections qu’elle laissait traîner depuis trop longtemps déjà. Un professeur … ça ne connait pas la notion de fin de semaine. Heureusement qu’il y avait les vacances d’été. Et encore. Ça l’obligeait à demeurer à proximité de son mari et les disputes se multipliaient.

Elle arrêta la voiture dans l’allée et regarda dans le rétroviseur. Zachery avait une mine renfrognée et ses écouteurs sur les oreilles, Délia avait les yeux rivés à son téléphone portable et travaillait l’agilité de ses pouces en envoyant un million de messages texte : le bruit incessant des touches avait meublé le silence durant le voyage. À peine coupa-t-elle le moteur qu’elle vit son fils ouvrir la portière, prendre son sac et se diriger vers la maison. Elle soupira, ramassa ses clés, son sac et alla à l’arrière prendre sa valise, et aussi celle de son fils, qui n’avait pas jugé bon de donner un coup de main. Délia, elle, n’avait qu’un sac : dans lequel elle avait tout fourré en une pile informe. Qui hériterait de la corvée de repassage ? Victoria leva les yeux au ciel et suivit sa fille jusque dans la maison.

On voyait bien, en entrant, que pendant les deux dernières semaines c’était un homme qui avait entretenu les lieux. L’ordre de Victoria était entièrement dérangé. Ça n’était pas en désordre. Seulement tout n’était pas à sa place logique. Machinalement, elle repoussa les petits appareils électriques sur le bord des murs plutôt que sur le bord du comptoir, elle tira les rideaux, s’attarda longuement dans les pièces communes, remettant les jetées sur les sofas, les coussins en place. Elle remettait toujours le plus tard possible le moment d’entrer dans leur chambre, redoutant l’état dans laquelle elle la trouverait. Désordonnée, les draps défaits de son côté, les dernières émanations d’un parfum féminin, ou de la combinaison de plusieurs parfums. Elle demeura plutôt dans la cuisine, laissant les sacs et valises près de l’entrée. Il y avait une note sur le réfrigérateur, de la main de son mari. « Professeur privé de Délia appelé : pas motivée, travaille peu, résultats catastrophiques. Abandonne. Trouve un nouveau. » Le papier dans les mains, Victoria tapota le comptoir, plutôt mécontente. Elle acceptait que sa fille ne prenne que des cours dirigés sur l’art ou le sport, à la condition que celle-ci prenne des cours privés et travaille des matières plus intellectuelles telles la philosophie, le français, les mathématiques et l’histoire. Des matières importantes pour la vie future. Mais voilà un troisième professeur qui venait lui dire que sa fille ne mettait pas d’efforts là-dedans.

« Délia ! Viens ici s’il-te-plait. »

Le s’il-te-plait n’avait rien de complaisant et camouflait très mal l’ordre dissimulé derrière la demande. En attendant que sa fille ne pointe le bout de son nez, Victoria s’affaira encore un peu, examinant le contenu du réfrigérateur – des courses s’imposaient – et passant un petit coup de torchon sur le comptoir pour enlever quelques miettes laissées en plan. Elle était contrariée. Contrariée que Frédéric ne se soit pas occupé de la chose lui-même, ne lui en ait pas parlé avant … depuis combien de temps ce mot était-il sur le réfrigérateur ? La veille ? La semaine dernière ? Et Délia, évidemment, ne lui en avait pas non plus parlé …

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Délia Gomez
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MessageSujet: Re: Affaires de famille [pv Délia] Terminé   Lun 16 Avr - 18:44

Lorsqu’elle entendit la voix impérative de sa mère, Délia s’immobilisa un bref moment, les sourcils froncés, les lèvres pincées, le regard fuyant. Qu’avait-elle fait cette fois-ci? Une rapide analyse des jours précédents ne l’aida en aucune façon. Ses résultats étaient bons, aucune nouvelle désastreuse ne s’était échappée de la bouche volubile de ses deux amies et ne s’était nichée au creux des oreilles de la cruelle Victoria Gomez. Quoique… Cette horrible madre pourrait considérer un pas de travers comme la fin du monde. Délia, résignée, un brin abattue, soupira de lassitude et, déposant son sac près de son lit, rebroussa chemin jusqu’au rez-de-chaussée à la recherche de Satan personnifié.

En chemin, elle croisa son frère qui sortait de la salle de bain. Il lui adressa un sourire mauvais, amusé et, en guise de punition pour son effronterie, la jeune fille lui décocha un coude aiguisé entre les côtés. Les yeux de Zachery s’arrondirent de manière saugrenue et son visage se colora d’une jolie teinte blafarde, il se plia aussitôt et, tendant la main, agrippa fermement la longue chevelure emmêlée de Délia. S’en suivirent des insultes ampoulées, une lutte chaotique vite interrompue par les clameurs de Victoria. Zachery profita de cette occasion pour repousser sa sœur et s’élancer vers sa chambre, claquant sèchement la porte derrière lui.

« Je l’imagine bien la barricader et glisser ses meubles devant… »

Délia, malgré sa petitesse, avait toujours été plus robuste que son frère grand et mince, et bien plus forte. Le maîtriser ne s’avérait pas bien compliqué. Remettant de l’ordre (geste inutile sans doute) dans sa chevelure et lissant nerveusement ses vêtements, la jeune fille entama la marche vers la potence. Peu importe le méfait accompli, elle méritait la mort. Sa mère était un bourreau impitoyable. Celle-ci l’attendait dans la cuisine, les bras croisés sur sa généreuse poitrine, un papier chiffonné maintenu entre ses longs doigts frêles. Son regard, venimeux, ne fit qu’encourager les idées noires de sa progéniture.

« J’espère que ce n’est pas au sujet du pot de Sheree ou des garçons qui se glissent comme des ombres dans notre dortoir pour venir la soulager de ces bas instincts, comme le répète si bien Kathryn… ou de nos petites excursions dans des boîtes de nuit où les amis de Sheree nous laissent entrer ou bien de… »

-Qu’est-ce que j’ai fait? Marmonna Délia qui évitait prodigieusement de rencontrer les yeux flamboyants de sa mère en ouvrant la porte du réfrigérateur.

Ce dernier brillait par l’absence de nourriture et de breuvage, elle ne vit qu’une bouteille de bière et une de vin blanc. Sans doute sa mère verrait-elle d’un mauvais œil qu’elle se serve de l’alcool. Pour Victoria Gomez, sa fille se distinguait par la pureté et la chasteté sur tous les aspects. À ces yeux, sa charmante petite fille, bien que paresseuse, maladroite, têtue et curieuse, ne pouvait s’adonner aux péchés humains, soit à l’alcool, à la drogue, au sexe et aux garçons. Cette dernière entité diabolique était vraisemblablement la pire de la sélection, pire que le sexe lui-même.

Déçue, Délia referma la porte du réfrigérateur et se détourna vers sa mère qui, finalement, lui présenta le morceau de papier sur lequel étaient transcrits hâtivement quelques mots.

-J’imagine que je ne t’avais pas prévenue… ? Bon, écoute, ce n’est pas bien grave, et puis, ce message date probablement de… euh…

Délia compta rapidement sur ses doigts.

-Quatre semaines. Sérieusement, maman, je n’ai vraiment pas besoin de cours supplémentaires.

Riante, fébrile, Délia entreprit d’ouvrir toutes les armoires à la recherche d’une quelconque forme de nourriture. Du moins pouvait-elle éviter de regarder directement Victoria Gomez dont la bonne humeur (si bonne humeur avait déjà existé) périclitait à vue d’œil. Par chance, elle découvrit, au terme de son exploration, un vieux sac de chips.

-J’ai de très bons résultats. Bon, c’est de la création, mais ça stimule quand même mon petit côté intellectuel, non? Beurk, elles sont toutes molles, ces chips. Faudrait peut-être aller au marché, non? Tu sais de quoi j’ai envie? De fish and chips, et de chocolat. J’ai fait du sport aujourd’hui, alors je peux manger gras un peu, non? On pourrait peut-être écouter des films aussi, non? Un truc à l'eau de rose? Ma vie en ruine, hein? Ça se passe en Grèce, et le personnage principal est vraiment mignon, on pourrait écouter ça? Ou des Buffy, ça serait on aussi. Bon, c’est pas trop ton truc, mais je suis sûre que tu aimerais ça. Le perso, Buffy, c’est une espèce de blonde dominatrice et castra…

Délia aurait pu continue ainsi encore bien longtemps avant que sa mère ne l’interrompe d’un geste péremptoire de la main. Affligée, l’adolescente boucla son clapet et patienta, non sans mal, jusqu’au moment où sa mère déciderait de la gronder.


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MessageSujet: Re: Affaires de famille [pv Délia] Terminé   Jeu 3 Mai - 8:48

Ses enfants avaient bien compris une chose. Qu’est-ce que j’ai fait ? Un moyen habile de faire comme si on ne savait pas de quoi il était question, comme si pendant un instant, ils allaient laisser planer le doute qu’ils n’avaient rien fait de mal. Alors qu’en fait, ils veulent seulement savoir de quel crime on les accuse pour ne pas en avouer un autre qui n’attend qu’à sortir au grand jour. Victoria le sait : elle employait la même technique dès que ses parents lui demandaient des comptes. Elle devinait qu’à l’instant même, sa fille passait en revue tout ce qu’elle avait accompli de critiquable dans les derniers jours. Les générations se suivent et se ressemblent, pensa Victoria. Celle-ci décida de mettre fin à la torture mentale de sa fille en lui montrant le papier qu’elle venait de lire, que son père avait pris le temps – façon de parler – de coller sur le réfrigérateur. En fait il avait du griffonner ce bout de papier à la hâte pour pouvoir s’occuper d’autre chose et l’avait laissé en vue pour que sa femme le trouve et gère la crise elle-même.

Mise devant son méfait, Délia se mit soudain à parler, parler et parler, comme elle le faisait toujours quand elle essayait de se tirer d’un mauvais pas … ou qu’elle était mal à l’aise … ou qu’elle était heureuse … ou qu’elle était triste. En fait, elle parlait tout le temps. Mais l’embarras lui faisait automatiquement augmenter son débit, comme si, n’arrivant pas à choisir une explication, décidait de tout balancer ce qui lui passe par la tête, même les plus grossières contradictions. Victoria se demanda si elle avait déjà été ainsi. Non, pensa-t-elle. Ses parents enrageaient de sa calme arrogance, de sa manière de toujours avoir le dernier mot sur tout. Au moins n’avait-elle pas à gérer ce genre d’attitude avec sa fille. Plutôt avec son fils. Elle interrompit le babillage de sa fille d’un geste sec de la main et posa à plat le papier sur le comptoir, le tourmentant du bout des ongles avant de se mettre à parler.

« Délia, tes talents en art sont fabuleux, j’en conviens, et tu iras sans doute loin dans ce domaine. Mais tu ne dois pas oublier que derrière un plan Art, tu dois aussi avoir un plan Réaliste, au cas où ça ne fonctionnerait pas. Si tu te plantes, tu te retrouveras avec le néant devant toi. Tu ne pourras pas postuler sur de bons emplois parce que tu accordes mal tes verbes, tes genres et tes nombres, parce que tu ne veux pas savoir ce qui s’est passé avant le jour d’aujourd’hui dans le monde, parce que les chiffres sont pour toi un casse-tête chinois. Tu dois, Délia, mettre d’autres cartes dans ton jeu : tu ne vas pas loin au poker quand tu n’as qu’un as en main. »

Allusion maline au dernier mauvais coup en date de Délia, quand Victoria avait découvert qu’elle et Sheree participaient à des tournois de poker dans la résidence d’un autre élève. Et qu’il y avait de l’argent en jeu. Et encore … Victoria soupçonnait franchement qu’il y avait aussi des vêtements en jeu.

« Ne viens pas me dire que tu n’as pas de problème et que tu n’as pas besoin de cours particuliers. Tu échoues partout où l’art n’est pas impliqué, et tu as fait fuir quatre professeurs privés qui pensent tous qu’ils se sont acharnés pour rien et que tu n’y arriveras jamais. Tu n’as pas envie de les faire mentir, et de t’y mettre sérieusement ? »


Il y avait une autre question aussi : mais qu’est-ce qu’elle pouvait bien leur faire pour qu’ils décident tous de renoncer à un bon salaire ? Il est certain que sa capacité de concentration était limitée et que ça pouvait venir à bout de la patience de plus d’un, mais tout de même … Quatre ! Est-ce qu’elle finirait par trouver quelqu’un qui serait en mesure d’aider sa fille ? Elle avait toujours engagé des gens compétents, sérieux, axés sur leur matière comme si leur vie en dépendait. Peut-être devrait-elle changer de formule pour le prochain. Quelqu’un qui pourrait intéresser Délia, la motiver, lui faire croire que les maths, la langue et l’histoire la passionnent …

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Délia Gomez
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MessageSujet: Re: Affaires de famille [pv Délia] Terminé   Mar 29 Mai - 20:59

La mine de Délia se rembrunit considérablement dès l’instant où sa mère écarta ses lèvres en vue de la réprimander sévèrement. Ses yeux, anxieux, ne quittèrent pas le bout de papier froissé sur lequel s’affichait l’écriture inclinée et élégante de son père. Lorsque son dernier tuteur lui avait annoncé que sa patience s’était effilée, que sa démission était irrévocable, la jeune fille avait alors éprouvé un certain soulagement. Cet homme, froid et hautain, d’abord motivé à lui inculquer des notions abstraites et ennuyantes, se retrouva rapidement désemparé devant le manque flagrant d’intérêt et de compétence de son élève. Délia doutait de n’être jamais une bonne étudiante, une pupille douce et docile, avalant les paroles et les enseignements d’un quelconque individu. Les efforts intellectuels la rebutaient, la mémorisation de dates ou d’évènements l’horrifiaient, la tentative de compréhension de théories philosophiques lui causait quelques nausées et l’évocation des mathématiques, de la chimie, de la physique ou de la littérature était à éviter. En somme, les arts et le sport étaient les deux seuls domaines, quoique vastes, qui l’intéressaient et dans lesquels elle collectionnait les bons résultats. Au grand déplaisir de sa pauvre mère qui aurait probablement souhaité présenter à son entourage une jeune adolescente talentueuse, raffinée et intelligente.

« Ce qui n’est pas vraiment mon cas. Je crie ou parle tout le temps. Je marche comme si j’étais sur un bateau. Je parle comme si je n’avais jamais eu aucune éducation. Et je n’arrive pas à différencier Darwin de Sartre. C’est qui déjà, eux? »

Réunissant son courage émietté, Délia redressa l’échine, planta ses prunelles déterminées, bien que craintives, dans celles froides et inquisitrices de sa diablesse de mère, et parvint, non sans peine, à sourire. Coquette, elle inclina la tête, haussa les épaules et tenta d’émettre un vague rire enfantin qui résonne plutôt comme une plainte larmoyante. Se taisant, elle enfournant des poignées de croustilles moelles qu’elle s’abstient de recracher.

-Bon, c’est vrai, bougonna-t-elle après quelques longues minutes de silence tendu. J’ai peut-être besoin d’aide dans certaines matières, mais je ne suis pas bonne. J’y arrive pas. Un point c’est tout. Tous les professeurs que tu embauches sont comme toi, ou pires. Ils me regardent avec un air de mépris, me toisent, me jugent, espèrent trouver chez moi l’intelligence et la vivacité d’esprit de Victoria Gomez. Mais je suis pas toi. J’y comprends rien, moi, à la philosophie ou à la grammaire ou aux maths. Je suis pas bonne. On pourrait juste pas oublier tout ça? Tu pourrais avaler le fait que je ne suis pas aussi douée que toi ?

Délia n’aimait pas la tournure de la discussion. Le délicat sujet de ses cours supplémentaires mettait la maison à feu et à sang. Lorsque le comportement des deux Gomez femmes s’envenimait, les hommes prenaient souvent la poudre d’escampette et les voisins se souvenaient subitement qu’ils avaient une commission à faire en ville.

-J’ai beau me forcer, j’y arrive pas. Tu ne trouves pas que c’est inutile de payer dans le vide des pauvres personnes qui ont mieux à faire que de me torturer les méninges? Et pourquoi on parle encore de ça ? On risque de s’engueuler, de se détester et de ne plus se parler pour, au moins, plusieurs jours.

Le regard insistant de Victoria Gomez en disait long sur son intention d’interrompre la conversation. La jeune fille soupira, croisa les bras sous son opulente poitrine, prête à continuer le débat.

-Tu ne penses pas qu’après quatre tuteurs professionnels, je suis un cas fini. Personne ne serait capable de me supporter plus de quelques semaines, voire quelques jours. Même ta patience à toi n’y parvient pas! Et tu le sais, tu as essayé.

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MessageSujet: Re: Affaires de famille [pv Délia] Terminé   Mer 6 Juin - 9:08

Victoria désespérait de voir sa fille s’enfoncer ainsi, à cette façon qu’elle avait de se déclarer incapable de quelque chose. Ça n’était pas digne d’elle, ni non plus digne de leur famille. À quand remontait la dernière fois qu’un Buckner ou un Gomez avait baissé les bras aussi facilement. Elle comprenait tout à fait ce que pouvait ressentir sa fille, toutefois. Un échec, ça va. Deux, ça peut aller encore. Trois ça commence à faire, mais quatre, c’est difficile pour l’estime. Vicki savait parfaitement qu’à pousser sa fille ainsi, elle risquait de la voir affronter plusieurs autres échecs. Mais il fallait qu’elle continue. Même si l’envie d’abandonner était forte, il fallait continuer à avancer. À titre d’exemple, Victoria aurait quitté son mari depuis longtemps si elle ne croyait pas que quelque chose la retenait encore. Ce quelque chose, elle avait énormément de mal à le trouver, mais elle savait qu’il existait, qu’il la rattachait toujours à Frédéric. Peut-être que c’était les enfants, mais elle espérait que ce soit un peu plus que ça, au fond. Elle soupira, balaya ces pensées en allant remplir un verre d’eau dont elle but quelques gorgées, rapidement.

« Et pourquoi on parle encore de ça ? On risque de s’engueuler, de se détester et de ne plus se parler pour, au moins, plusieurs jours. »

Bien essayé, pensa la mère de la jeune fille. Si toutes les discussions parent/enfant pouvaient être avortées par crainte d’une dispute, il ne se dirait plus rien dans les foyers. Et Victoria était la dernière à craindre une dispute : c’était le plus souvent nécessaire. Tant qu’elle ne se laissait pas aller aux cris, tant qu’elle pouvait garder un ton de voix respectueux.

« Tu ne penses pas qu’après quatre tuteurs professionnels, je suis un cas fini. Personne ne serait capable de me supporter plus de quelques semaines, voire quelques jours. Même ta patience à toi n’y parvient pas! Et tu le sais, tu as essayé. »

La femme secoua la tête, mais elle devait bien admettre qu’elle ne ferait plus jamais l’erreur de s’enfermer dans une pièce avec sa fille pour essayer de lui rentrer quoi que ce soit dans le crâne. La seule et unique fois où elle avait essayé de le faire, ça s’était effectivement terminé en cris et en paroles blessantes. Victoria était une enseignante et pouvait faire preuve de beaucoup de patience avec ses élèves. Mais une mère doit éduquer son enfant, pas lui enseigner. Même si Délia s’était intéressée à la philosophie, Vicki aurait refusé fermement de la prendre dans ses cours. Elle aurait préféré lui acheter un paquet de bouquins sur le sujet, même en sachant qu’elle ne les ouvrirait sans doute jamais et qu’ils finiraient par servir de ramasse-poussière quelque part sous le lit.

« Écoute Délia, donne-toi une petite chance. Et donne-moi une dernière chance de trouver un enseignant qui conviendra à ton caractère, à ton style d’apprentissage. Les précédents étaient des rats de bibliothèque, axés sur la théorie, tandis que ce qu’il te faut pour t’intéresser, c’est ce que tu peux toucher et tester par toi-même. Ça existe, ce genre d’enseignants. Ils sont … plus difficiles à trouver dans une école comme Black Velvet, mais ils existent. »

À dire vrai, personne dans son entourage ne semblait convenir à la description qu’elle venait d’offrir. Tout le monde à Black Velvet était très typique de son rang. Les enseignants étaient des érudits le plus souvent, avant d’être des pédagogues. Elle soupira. Ça risquait d’être difficile. Il faudrait chercher ailleurs que dans son réseau de contact connu.

« Si après le prochain ça ne fonctionne toujours pas, alors on va oublier ce plan B dont je te parle toujours. Et on se croisera les doigts pour que tu deviennes une superstar dans le monde des arts. »

Ça pouvait se faire, si ? Ça n’était pas donné à tout le monde, et c’était plus souvent une question de se trouver au bon endroit au bon moment mais … ça devait se faire. C’était probablement, pour Délia, la seule option envisageable. Et c’était son rêve.

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Délia Gomez
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MessageSujet: Re: Affaires de famille [pv Délia] Terminé   Sam 30 Juin - 14:45

- Écoute Délia, donne-toi une petite chance. Et donne-moi une dernière chance de trouver un enseignant qui conviendra à ton caractère, à ton style d’apprentissage. Les précédents étaient des rats de bibliothèque, axés sur la théorie, tandis que ce qu’il te faut pour t’intéresser, c’est ce que tu peux toucher et tester par toi-même. Ça existe, ce genre d’enseignants. Ils sont … plus difficiles à trouver dans une école comme Black Velvet, mais ils existent.

Délia maugréa de mécontentement, se retenant avec peine d’expulser de sa gorge quelques jurons bien choisis que sa mère aurait fortement désapprouvés. Elle ne comprenait pas pourquoi Victoria s’entêtait à vouloir lui imposer des cours ennuyants et difficiles. Pourquoi devait-elle se forcer pour des domaines qu’elle ne maîtrisait aucunement et envers lesquels elle ne témoignait aucun intérêt ?

Le genre d’enseignants que supposait sa mère n’existait vraisemblablement pas. Aucun ne parvenait à capter son attention, encore moins lui inculquer quelques théories compliquées et inutiles. La mémoire de Délia était défaillante, tout le monde le savait. Elle mélangeait des données, collait à des œuvres littéraires des noms de scientifique, et vice-versa, combinait plusieurs concepts pour former une idée incohérente qu’elle appliquait à un individu de renom. Non, décidément, elle était mauvaise. Et le restera.

- Si après le prochain ça ne fonctionne toujours pas, alors on va oublier ce plan B dont je te parle toujours. Et on se croisera les doigts pour que tu deviennes une superstar dans le monde des arts.

Délia haussa les épaules, tritura les pans de son chandail, les yeux rivés vers le sol, la mine boudeuse. Encore un. Elle soupira. Encore un autre intello, bouffi d’orgueil et d’amour-propre, qui se plait à lire du Victor Dumas et du Tolstoï. Ses charmants petits sourcils se froncèrent. Le prochain se moquera d’elle, encore, elle et ses maigres capacités intellectuelles. Mais ça, sa mère l’ignorait ou s’en fichait.

- Bon, d’accord, capitula la jeune fille en grimaçant, puis elle gratifia sa mère d’un regard résolu et d’un doigt autoritaire pointé dans sa direction. Je vais m’y mettre du mieux que je peux, mais si le prochain décide qu’il en a marre et s’enfuit sans demander son reste, alors c’est fini. Plus jamais je ne veux attendre parler d’un nerds avec lunette et cravate, qui envisage un post-doctorat, ou tout le tralala.

Comment et où sa mère allait-elle dénicher un tel personnage, patient et intéressant, qui saurait traiter avec respect et prudence les capricieux neurones de Délia. Celle-ci avait déjà eu des hommes accomplis et pédagogues comme professeur privé et des étudiants de tous les cycles. Aucun n’avait survécu à la terrible mission. Découragée, Délia recommença à fouiller dans les armoires, à la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent. Non, elle n’était une mangeuse compulsive. Elle aimait seulement grignoter de temps à autre, lorsqu’elle était anxieuse, triste, furieuse, heureuse ou exaspérée.

- Mais je te préviens. Personne n’est assez fort pour me tolérer plus de quelques séances. Tu vas perdre ton temps à chercher comme ça. Il n’y a vraiment rien à manger. Tu devrais dire deux mots à papa à ce sujet. Qu’est-ce qu’il mange lorsque nous sommes absents ?

« Maman me répète souvent que je mange trop. Par chance, je bouge beaucoup. J’élimine un peu, mais pas assez. »

Une idée saugrenue s’imposa dans l’esprit de l’adolescente qui se mordilla la lèvre sous l’effet de la surprise. Risquant un coup d’œil vers sa mère, Délia remarqua que celle-ci n’avait pas bougé d’un poil, la mine désapprobatrice. C’est donc à contrecœur que Délia se dirigea vers le comptoir et posa son généreux postérieur sur l’un des deux bancs.

- Il y aurait peut-être quelqu’un qui pourrait correspondre à notre besoin, minauda-t-elle, tout en exagérant ses papillonnements de paupières. Il est excellent à l’école, il est drôle, tout le monde l’aime. Pourquoi pas cet Italien ? Raphaël Di Marco ?

Et puis, celui-là ne refuserait jamais une telle opportunité de déterrer des secrets de Victoria Gomez en acceptant sous son aile Délia Gomez.

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MessageSujet: Re: Affaires de famille [pv Délia] Terminé   Mar 3 Juil - 11:18

Victoria soupira. Sa fille capitulait, et cela mettrait fin à cet interminable débat sur ses apprentissages. Bien sûr, c’était sa dernière chance de trouver un professeur qui conviendrait. Elle ne devait pas se tromper sur ce coup, sinon Délia serait en droit de lui dire qu’elle renonçait définitivement à faire des progrès. Elle regarda sa fille fouiller dans le réfrigérateur, presque vide, que son mari laissait derrière lui chaque weekend.

« Oh, si je me fie au contenu des poubelles, il ne jeûne pas, et les restaurants du quartier doivent le remercier de les faire vivre. »

L’homme qu’elle avait épousé, lorsqu’elle l’avait connu, était étudiant. Il mangeait des plats préparés, abusait de la cafétéria et des fast-food. Il ne s’était jamais donné la peine d’apprendre la moindre notion de cuisine durant tout le temps de leur mariage. Il mangeait avec plaisir ce qu’elle cuisinait, mais si Victoria ne lui préparait pas le repas, il allait trouver son bonheur ailleurs. Et avec son salaire d’avocat, maintenant, les fast-food avaient été remplacés par les restaurants les plus chics du quartier.

« Il y aurait peut-être quelqu’un qui pourrait correspondre à notre besoin. Il est excellent à l’école, il est drôle, tout le monde l’aime. Pourquoi pas cet Italien ? Raphaël Di Marco ? »


Victoria manqua de s’étouffer avec l’air qu’elle respirait. Elle regarda sa fille avec un regard d’aigle, cherchant à voir si la jeune fille se moquait d’elle ouvertement, ou si elle avait la stupidité d’être sérieuse. Arquant les sourcils, elle balaya un grain de poussière sur le comptoir, et prit une grande respiration.

« J’espère pour toi, jeune fille, que c’est une plaisanterie. Di Marco est peut-être fort à l’école, mais il n’a rien d’un pédagogue. Il n’aurait jamais la patience, et en plus il passerait son temps à lorgner ta poitrine plutôt qu’à t’enseigner la moindre chose. »

Elle grommela un petit juron en espagnol, irritée. Sa main balayait des poussières imaginaires, maintenant.

« Et il n’est pas question que cet adolescent en rut mette les pieds dans ma maison ! Oublie cette idée saugrenue. »

Elle se tut, toujours ennuyée, et déclara soudainement qu’elle avait à faire. Des courses, évidemment, vu que le diable de père de ses enfants n’était pas fichu de le faire lui-même. Sauf pour ce qui étaient des sucreries et autres cochonneries immangeables qui vous tuent votre santé. Étonnant qu’il n’ait pas encore faire de crise cardiaque, d’ailleurs. Elle laissa sa fille toute seule, et reprit les clés de sa voiture pour partir. Déjà elle essayait de réfléchir à des gens qu’elle connaissait et qui pourraient peut-être supporter sa fille. Ça s’annonçait compliqué, cette recherche.

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Affaires de famille [pv Délia] Terminé

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