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 Dévaler une gamme comme on dévale un gouffre [PV Abriel]

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MessageSujet: Dévaler une gamme comme on dévale un gouffre [PV Abriel]   Lun 9 Avr - 15:40

Alors qu’un nuage échevelé se défaisait en arabesques dans le ciel, un éclat d’azur se mit à se démarquer sur l’empyrée. Le combat fut long et laborieux, mais à 14h30, le soleil déclara fermement sa victoire en projetant ses rayons, éclairant la ville d’un jet de lumière dorée. Interrompu par cette soudaine apparition, Levi fut obligé de lever son bras devant ses yeux afin de les protéger du filtre de lumière qui avait traversé une fenêtre de l’étage. Momentanément déconcentré, il interrompit sa tâche afin de contempler la salle de musique de Black Velvet, où des reflets colorés teignaient les divers instruments fournis par l’école. Le manteau noir du piano à queue qui y trônait avait fière allure, s’était dit Levi avant de pousser un soupir. Il se remit hâtivement à frotter avec un linge les cordes de sa contrebasse, plissant les yeux pour éviter d’être à nouveau aveuglé.

Le prochain concert organisé par l’établissement de Black Velvet était dans une semaine exactement. Évidemment, c’aurait pu être pire : si Levi n’avait pas su convaincre la direction qu’il leur serait beaucoup plus avantageux de remettre ce spectacle – qui, théoriquement, aurait dû être prêt le soir même – à la semaine suivante, il aurait franchement été dans le pétrin… Ils auraient toujours pu s’en sortir avec un numéro d’improvisation, mais cela aurait été risqué, et Levi avait promis aux directeurs que la musique qu’ils avaient préparée, lui et sa troupe, allait les renverser. Et c’aurait été le cas! Mais il avait évidemment fallu qu’un pépin survienne. Par exemple? Je ne sais pas… Que leur dernier pianiste disponible se brise le poignet deux jours avant la date du spectacle, peut-être.

En apprenant la nouvelle, Levi avait grincé des dents.

Debout devant son instrument de bois, le garçon ne put cependant s’empêcher de sourire, même si ses dernières pensées le dérangeaient. De son pouce, il retira précautionneusement une poussière déposée sur sa table d’harmonie, puis fut enfin satisfait de son travail. Elle était comme neuve, majestueuse et imposante. Il aurait franchement aimé la sortir ce soir afin de présenter son travail à un public. Mais le temps lui manquait, et il devait trouver une solution à son problème de pianiste blessé. Ça n’allait pas être évident… une semaine, c’était assez restreint pour corriger une complication d’une telle envergure.

Abandonnant de son regard sa contrebasse, Levi fit quelques pas dans cette pièce de l’école qu’il connaissait mieux que sa chambre tant il y était souvent. En tant que président du comité de musique de l’école, Levi avait eu droit à un double des clefs du local, et il pouvait donc s’y rendre quand il voulait, outre lorsqu’un cours y était donné. Un véritable privilège. Quelques pas plus tard, le garçon se trouva devant le piano à queue, où les feuilles des partitions des pièces que la troupe avait préparées trônaient encore. En y tendant la main pour les ranger, il ne put néanmoins s’empêcher de les relire avec intérêt. Bientôt, il sentit ses doigts frôler les notes blanches et noires du piano, et du bout de ses doigts, l’instrument chanta la mélodie qui serait probablement absente de leur prochain concert.
Il était pourtant absurde de présenter les pièces qu’ils avaient préparées en y supprimant les lignes de piano. Même si simples, c’était elles qui dirigeaient la mélodie jazzique de leurs dernières compositions et sans elles, les morceaux risquaient d’être fades… pire encore, il s’agissait d’une certitude, Levi le confirma mentalement lorsque sa pièce pris fin. Il poussa un nouveau soupire, un faux sourire sur le coin de ses lèvres.

Assis à l’extrémité du banc de cuir dédié au piano, Levi croisa ses jambes, toisant ses partitions, alors que les doigts de sa main gauche s’amusaient à monter et à descendre une gamme de l’octave le plus grave de l'instrument, distraitement. Il mit un certain moment à prendre conscience du bruit que la porte mal fermée du local émit lorsqu’on l’ouvrit, et les quelques pas qui pénétrèrent dans son antre musical. Brusquement, ses doigts se figèrent sur un Ré grave alors que son attention quittait ses feuilles blanches pour se poser sur une présence clandestine.
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Abriel B. Vaughan
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MessageSujet: Re: Dévaler une gamme comme on dévale un gouffre [PV Abriel]   Ven 13 Avr - 8:49

C’était le retour à l’école aujourd’hui. Et c’était un retour à l’école particulièrement pénible, Abriel devait l’avouer, même s’il n’était pas du tout du genre à se plaindre de son sort. Il n’était pas venu lundi pour son cours de biologie, et ce matin, il avait manqué son seul et unique cours, parce qu’il n’était pas parvenu à sortir du lit à temps. Il s’était tout de même traîné hors du lit aux alentours de midi, avait enfourné quelques vêtements plus ou moins propres dans son sac et avait longuement marché jusqu’à l’arrêt de bus le plus proche pour prendre celui qui le ramènerait à Black Velvet. Le lendemain, il devrait aller en ville, repayer ce que sa mère devait.

La rencontre de vendredi l’avait vachement amoché. Il en portait encore les marques. Sa lèvre n’avait pas tout à fait cicatrisé, et ses yeux étaient toujours un peu bleuis. Délia lui avait demandé s’il pourrait trouver 1000 livres d’ici mercredi, et il avait répondu qu’il n’avait pas le choix, et donc qu’il allait le faire. C’est ce qu’il avait fait. Ramasser une telle somme en un weekend l’avait tué, cependant. Et si ce n’était pas déjà assez des clients aux habitudes et exigences extravagantes, il avait dû affronter sa mère, qui lui criait dessus pour qu’il lui donne l’argent qu’il récoltait. Elle l’accusait – encore une fois – de vouloir la voler, l’escroquer. Abriel avait eu beau lui expliquer que s’il ne remboursait pas l’argent qu’elle devait, des types allaient venir la tuer, elle ne voulait rien entendre et désirait seulement toucher cet argent qui lui passait sous les yeux. Elle avait joué toutes les cartes. La colère, la culpabilité, la tristesse, la détresse. Normalement, elle serait venue à bout de la volonté de son fils. Mais pas cette fois : il ne pouvait pas la laisser se faire tuer par ces types. Demain soir, il irait trouver Anton et ses gorilles pour leur remettre la somme. En espérant que ça se passe mieux que la dernière fois.

Abriel se passa la main sur la poitrine en grimaçant. Tout son corps le faisait souffrir. S’il était revenu à Black Velvet même s’il n’avait pas de cours dans la journée, c’était pour se reposer un peu, s’éloigner de sa mère, de la maison, des visiteurs. Il avait besoin de permettre à son corps de se remettre. Une journée. Une journée à ne rien faire, à ne pas chercher les ennuis. Et ça lui suffirait. Il tenait son sac à la main gauche, pour épargner la droite, et aussi son épaule.

Avant de se rendre aux résidences, il décida de passer par le bâtiment principal, pour faire un détour par l’infirmerie et essayer de glaner quelques aspirines … ou un truc plus fort si l’infirmière le prenait en pitié. Il en revenait, avec une boîte d’antidouleurs à la main, quand il passa devant le local de musique. Des notes de musique en sortaient. Du piano. Abriel s’arrêta un moment devant la porte, pour écouter. Puis, comme mu par un automatisme, il poussa la porte à demi ouverte.

Il reconnut la silhouette assise au piano. C’était le type avec qui il avait joué, au café étudiant. Abriel posa ses affaires et s’appuya au mur pour l’écouter jouer un moment. Mais la musique finit par s’arrêter, et la tête du musicien se tourna vers le garçon immobile.

« La basse, et aussi le piano. T’es du genre polyvalent, toi. »

Abriel avait été impressionné, cette fameuse journée. Déjà qu’il considérait n’avoir aucun réel talent musical, que cet étudiant se greffe à ses hésitations sur le clavier l’avait franchement épaté, même s’il n’en avait rien montré.
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MessageSujet: Re: Dévaler une gamme comme on dévale un gouffre [PV Abriel]   Lun 16 Avr - 14:45

Il aurait pu s’attendre à n’importe qui. En vérité, il n’était pas spécialement rare que l’on venait l’interrompre alors qu’il monopolisait le local de musique; pas étonnant quand on savait qu’il y était tout le temps. Mais en toute honnêteté, Levi ne s’attendait pas à revoir cet élève de sitôt, peut-être parce qu’il n’avait pas l’air vraiment enclin à se mêler aux autres étudiants de Black Velvet. Le garçon qui venait de lui adresser la parole était un phénomène assez rare, on le devinait seulement en le regardant. Des ecchymoses sur son visage témoignaient soit d’un accident, soit d’une bagarre – la deuxième hypothèse étant certainement plus crédible. Néanmoins, cet adolescent n’en restait pas moins intéressant aux yeux de Levi. Leur première rencontre, même si brève, n’y était certainement pas pour rien.

Hey, Abriel.

Abriel Vaughan, étudiant à Black Velvet depuis peu. Il était en deuxième année, avait 17 ans et était intelligent, du moins selon les commentaires qu’il avait su tirer de ses professeurs. Il restait cependant peu responsable, remettant rarement ses travaux aux dates demandées, ce qui était assez étrange pour un élève qui étudiait dans un établissement aussi réputé que Black Velvet… ah, et Avril Blackwood ne l’aimait pas. Vraiment pas.
C’était à peu près ce que Levi avait réussi à découvrir sur le nouveau en discutant avec ses camarades de classes ainsi que ses professeurs. Cependant, le plus intéressant, il avait su le découvrir lui-même : Abriel s’intéressait à la musique, au piano en particulier. Après avoir eu la chance d’improviser quelques minutes avec lui, Levi avait constaté qu’il possédait un certain talent. Peut-être n’avait-il pas eu de formation officielle, mais sinon, il avait dû pratiquer de lui-même. Il avait du potentiel.

L’accueillant d’un bref sourire, oubliant ses problèmes personnels, Levi s’était retourné à quatre-vingt-dix degrés sur le banc du piano afin de faire face au nouvel arrivant. Bon sang qu’il avait l’air mal en point… un filet noir marquait sa lèvre inférieure, souvenir d’une blessure qui n’était pas encore guérie. Il était un peu pâle également… il s’était vraisemblablement battu, mais le reste lui échappait, et il s’abstint de frôler ce terrain délicat pour le moment. Ils ne se connaissaient pas, et ce serait inapproprié, trop brusque. De toute façon, ce n’était pas encore ce qui l’intriguait le plus pour le moment.

T’es venu pour le piano, je suppose?, lui demanda-t-il en pointant brièvement son regard vers l’instrument qu’il utilisait lui-même à peine quelques secondes plus tôt.

Levi était loin de connaître les capacités exactes d’Abriel. Néanmoins, en savoir davantage à ce sujet ne serait certainement pas de refus, au contraire. Restait à savoir si l’individu concerné serait enclin à partager ses talents une deuxième fois… La musique restait avant tout un moyen d’expression à ses yeux et ses oreilles, et il n’était guère étonnant que certaines personnes préféraient garder leur talent pour eux-mêmes. Mais Abriel avait osé jouer au café-étudiant, là où plusieurs l’avaient entendu. C’était bon signe.
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MessageSujet: Re: Dévaler une gamme comme on dévale un gouffre [PV Abriel]   Mer 2 Mai - 9:23

Abriel fut surpris d’entendre son nom sortir de la bouche de l’autre étudiant. Lui n’avait aucune idée du nom du garçon, ou alors il l’avait su et l’avait oublié. Il haussa les épaules et répondit simplement « hey ». Il retenait rarement le nom des gens, et ce pour deux raisons. La première, ça ne l’intéressait tout simplement pas. La seconde, il était juste trop intoxiqué quand on le lui disait et ne s’en souvenait pas par la suite. Il se souvenait surtout du nom des gens qu’il tenait en aversion, ou alors les gens dont on répétait excessivement le nom, comme les enseignants. Miss Untel, monsieur Machin, etc. Mais en général, hey convenait à tout le monde.

« T’es venu pour le piano, je suppose? »

L’adolescent fut encore surpris. Parce qu’en fait, il n’était pas venu du tout avec cette idée en tête. Il secoua celle-ci.

« Hm non. En fait je passais dans le coin pour ça. »
Il sortit de sa poche le flacon de pilules que l’infirmière lui avait gentiment donné et l’agita, avant de le ranger à nouveau. « J’ai juste entendu la musique et j’ai voulu écouter un peu. »

Il avait visiblement interrompu et déconcentré le musicien. Il n’allait pas s’en vouloir ou s’en excuser. Il le regarda un moment, silencieux comme à son habitude, le visage aussi fermé qu’une pierre. Mais on pouvait, avec beaucoup d’attention, y déceler une infime lueur d’intérêt, ce qui ne se voyait pas tous les jours déjà. Et encore, le regard n’était pas tout à fait fixé sur son interlocuteur, un peu comme quand on fixe quelque chose sans vraiment le regarder, sans faire le focus sur quoi que ce soit de précis.

« C’était quoi ce morceau ? J’ai jamais entendu ça. »

Ça n’avait rien de vraiment étonnant. Les connaissances musicales d’Abriel se limitaient pas mal à ce qu’il entendait dans les bars et ramassait dans les lecteurs qu’il volait, et aux quelques cds qu’il avait parfois les moyens d’acheter. Chose qu’il ne faisait plus d’ailleurs, depuis que sa mère, dans un élan d’il ne savait trop quoi, avait balancé la radio de sa chambre par la fenêtre. Il en était à revendre ses cds chaque fois que l’occasion se présentait.

« Ça sonne bien en tout cas. »

C’était probablement la seule chose qu’il pouvait commenter sur la musique : le feeling qui en ressortait. Les harmonies et tout ça, il n’aurait pas pu mettre de mots dessus.
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